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Zone de Texte: «FAQ» sur la Vie

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Zone de Texte: Les questions qu’on se pose sur la vie

Placide Gaboury

répond

à vos questions

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Sur le thème masculin/féminin, j’aimerais mieux comprendre l'homosexualité?

 

J'en ai déjà parlé dans d’autres écrits. Je me répète ici en quelques mots. L’individu, de zéro à cinq ans n'a pas de pulsions sexuelles mais seulement des attractions émotives. Chacun vient sur terre avec une certaine dose d'hormones mâles (testorérones) ou femelles (estrogènes), et c'est de cinq ans à la puberté que l'aiguillage sexuel se dessine et se fixe, inconsciemment bien sûr. La tendance dépendra à la fois de la relation avec les parents et de la sensibilité de l'enfant. Si un garçon, par exemple, sent que sa mère est trop dure, insensible, il sera révolté par l'absence de féminin, qu'il suppléera en lui-même inconsciemment en se donnant de l'estrogène. Si, de plus, le père n'est pas très doux mais plutôt grognon, l'enfant va être tellement contre qu'il développera encore de l'estrogène, au point même d'avoir une démarche féminine.

Si, en revanche, la fille est repoussée par l'absence de nerf chez son père, elle développera, en réaction, de la testostérone, et si sa mère est également molle et sans caractère, elle développera, toujours par réaction négative, de la testostérone, au point d'avoir l'air d'une «Butch». Or, cette situation est le résultat d'une adaptation. Il n'y a rien à y faire et toute personne de même sensibilité placée dans pareille situation aurait réagi de la même façon. Ce n'est pas comme cette homosexualité occasionnelle due à un contexte de prison ou de collège. (Certains peuvent aussi avoir été abusés très tôt par leur père ou un parent; cette homosexualité due à l'inceste produit des traumatismes profonds comme dans le cas du viol et doit être traitée de la même façon.) Mais l'homosexualité du premier genre n'est pas un acte de volonté et ce n’est donc pas un acte de volonté consciente qui peut la changer. Cependant, il n'y a pas tellement longtemps, on poussait les gays à épouser des femmes, croyant que leur «maladie», l'homosexualité, finirait par s'en aller d’elle-même! Un des éléments clés de cette adaptation à une situation affective particulière, c'est la sensibilité de l'enfant. Car il peut y avoir dans une famille un seul enfant homophile alors que tous les autres qui ont vécu avec les mêmes parents, sont pourtant hétéro.

 

La moralité n'entre pas en ligne de compte ici. Il n'est pas plus moral d'être hétéro que gay. La moralité, comme nous le verrons plus loin, dépend de catégories arbitraires du bien et du mal et il suffit qu'une majorité désapprouve un acte ou un comportement pour qu'ils deviennent mauvais. Est‑ce plus «normal» d’être hétéro que gay? Cela dépend de l’autorité qui établit la norme. Comme c’est habituellement le groupe majoritaire, on sait à quoi s'en tenir, puisque la majorité d'une société est conservatrice, attaché à ses habitudes, lente à se changer et peureuse devant l'inhabituel. Ce qui ne la rend pas pour autant plus «normale» ou enviable.

Le fait que l'homosexualité soit le résultat d'une adaptation en fait une chose naturelle. Ce qui est naturel, c’est ce qui se trouve tel quel donné par la nature. Or, toutes les créatures, toutes les personnes sont telles qu'elles sont c'est‑à‑dire différentes et uniques. Dans un groupe de femmes, chacune va préférer un genre d'homme particulier, et les hommes non plus ne s'entendront pas sur les femmes qui les attirent. C'est qu'il y a autant de sexes qu'il y a d'humains. Et cela est naturel (c'est‑à‑dire normal), c'est la vie, la nature qui le veut ainsi.

On peut arguer que deux hommes ou deux femmes ne peuvent pas avoir d'enfants, parce que les organes du corps demandent deux sexes. Voilà pour l'évidence, ou l'apparence. Mais ton amour doit tendre vers le cœur, puisque c'est là que se trouve l'amour et les homophiles aussi doivent parcourir ce chemin. Bien sûr qu'il y a des extrêmes, des femmes ou hommes qui ne sont attirés que par leurs contraires et d'autres qui ne sont attirés que par ceux de leur sexe. Mais entre ces pôles extrêmes, il y a des nuances infinies. Et la plupart des gens ont, ne serait‑ce qu'une faible attirance pour ceux de leur propre sexe. Seulement, sous la pression d'une certaine majorité, ils refuseront de le reconnaître. C'est comme les attirances gastronomiques, domaine où comme le veut le dicton, «on ne discute pas des goûts». Mais c'est également ainsi dans tous les autres domaines, les voyages, la musique, les arts, les techniques (l’éveil, les émissions de télé, l’affinité intellectuelle, l’attirance émotive.

Doit-on laisser toute liberté à nos enfants ?

 

La liberté s'acquiert, elle n'est pas héréditaire. Et c'est tout d'abord aux parents à se libérer de leurs propres culpabilités, préjugés et peurs, avant de pouvoir être en quelque façon une aide pour leurs enfants. Si le parent apprend à se débarrasser de ses peurs, s'ouvrant ainsi à un amour de compassion, il libérera les énergies d'amour chez son enfant. Il n'aura même pas à se poser de questions sur les contrôles à pratiquer ou sur les permissions à accorder. Cela se fera tout seul par l’instruction du Coeur. Car c'est le Coeur qui est le vrai, le seul éducateur. Et c'est lui qui libère tout l'être, le faisant passer de la peur à l'amour.

 

Le mental, en revanche, fait du dressage. Il se vante et s'inquiète de la performance et de la discipline de ses sujets. Mais dès que les garde-­fous sont enlevés, le fou est relâché. La sagesse n'aura pas été éveillée, seulement l'obéissance aveugle qui fait exécuter les grands crimes tout en dégustant le beau phrasé d'un Mozart. Je dirais donc: ne t’inquiète pas de formuler des règles ou d'établir des contrôles, veille simplement à rester à l'écoute de ton coeur. Il t’apprendra comment, dans le cas concret que tu as devant les yeux, il faudra respecter l'unicité de l'enfant son besoin particulier de discipline et de liberté, d'ordre et de fantaisie.

Pourriez-vous nous donner un conseil sur la meilleure attitude à prendre pour former

et accompagner nos enfants ?

 

Sois avant tout fidèle à toi-même. Ne te mens pas et tu ne mentiras pas à tes enfants (la première condition pour qu'il y ait confiance). Tâche d'être toi-même devant eux. D’être capable de pleurer, d'être faible ou défaite et toujours prête à avouer franchement tes torts. Tout cela. tu l'auras noté, est affaire de cœur, non de tête. La vérité est tout d'abord une reconnaissance joyeuse et simple de ce que l'on est. Et cela la tête ne peut le faire. Cette attitude de base te permettra d'être un avec ce que vit ton enfant, parce que tu seras un avec ce que tu vis. Tu comprendras ainsi que l'éducation c'est comme l'amour, ça se fait toujours à deux : ce que tu fais à toi, tu le fais à I’autre et réciproquement. Nous revoilà revenus au principe du miroir. Car l'enfant aussi t’éduque : il te fait constamment sortir de ton passé, de tes fixations, de tes préjugés. Il te ramène à ce qui reste jeune et neuf en toi. Il te maintient en croissance. Ce n'est pas ce que tu dis ou défends, c'est ce que tu es devant tes enfants, qui leur demeure pour toujours. Et c'est surtout depuis qu'il est foetus jusqu’à l’âge de sept ans, que les grandes empreintes se fixent chez lui. Ce sont les empreintes d'attitudes, surtout d'attitudes du coeur.

S'aimer soi-même, n'est-ce pas de l’égoïsme ?

 

Quand on n'a pas confiance en soi, qu'on ne voit que le négatif, qu'on se sent coupable, on ne s'aime pas. Et que fait‑on alors? On tâche de s'attirer des compliments, de l'approbation, de l'admiration, on les achète même, croyant que cela va compenser pour l'amour qu'on ne se donne pas. Mais les compliments ne nous soutiennent pas, ils ne nous convainquent pas, ils ne changent pas notre coeur. Chercher à provoquer des compliments, c'est de l'égoïsme, puisqu'on ramène tout vers soi, qu'on concentre sur soi l'attention des autres, qu'on s'entoure de belles choses pour se convaincre que l’on est valable. Mais rien de tout cela ne subsiste.

 

Tu vois, c’est lorsqu'on ne s'aime pas qu'on est égoïste, que l'on tire vers soi ce qui vient d'ailleurs et qu'on n'a pas le coeur de se donner à soi‑même. Quand tu te seras pardonné, que tu t’aimeras tel que tu es, tu cesseras de te regarder. Tu pourras t'oublier: ton cas sera enfin réglé.

Comment aligner ses pensées ?

 

Les Bouddhistes recommandent de ne pas essayer de contrôler la pensée mais de simplement la regarder faire. Voir passer le flot d'images, sans vouloir intervenir, soit pour entrer dedans, soit pour le critiquer ou le refuser.

 

Cette approche est pour moi capitale. Il ne s'agit pas d'arrêter de penser mais d'arrêter de s'identifier à la pensée comme étant moi. Si on pratique la méthode bouddhiste, on arrivera à comprendre que le processus de la pensée (les flots d'images et d'idées) existe sans mon intervention volontaire, que je n'ai pas le contrôle du processus (ce n'est pas moi qui ai commencé le flot et qui le maintiens: fi fonctionne tout seul). Ainsi, je pourrai comprendre que tout cela n'a pas de je, que le vrai Je n'est pas là. C'est parallèle à ce qui se passe dans la respiration. En regardant la respiration (la base de la méditation bouddhiste), on s'aperçoit que «ça marche» tout seul: ce n'est pas «moi» (la volonté) qui fais fonctionner cela, même si je puis modifier quelque peu le rythme ou l'intensité du mouvement respiratoire. Non, avant de la connaître, au moment où je l'ai apprise à l'école, la respiration agissait déjà en moi depuis le début. Donc ce n'est pas moi... Et durant le sommeil, que se passe-t-il ? Ca respire, sans que j'y sois (ça fonctionne bien justement parce que je n'y suis pas). Même chose pour l'éveil sexuel, qui surgit sans me consulter, sans que j'aie à le vouloir ou le décider. Les sensations physiques aussi (avoir chaud ou froid) apparaissent sans me consulter.

Le corps fonctionnait très bien avant même que je sache ce que sont la respiration, la digestion, les sensations, les émotions ou la pensée. L'essentiel en moi fonctionne par lui‑même, sans que cela ne dépende de moi pour commencer ou continuer. Il n'y a pas de petit je en charge de tous ces processus. Et c’est justement ce que disent depuis 2500 ans les bouddhistes.

Mais qu'est‑ce qui fait fonctionner dans le silence et l'obscurité cette grande machine complexe qu'est le corps et ses dépendances ? C'est l'Intelligence Créatrice, qui fait tout mais qui agit dans la discrétion la plus totale, l'effacement complet, au point qu'on puisse croire que c'est nous qui en sommes en charge.

On a chacun sa vérité, comment savoir si c'est la bonne?

 

L’important, c'est que ce soit la bonne pour toi. Il y a cependant des signes : la paix que ça procure, le goût de vivre, la joie, le goût de donner, la créativité déclenchée, le désir de faire quelque chose de beau. Tout ce qui t'aide à mieux vivre est vrai pour toi.

Comment savoir au sujet de mon existence que je suis sur la bonne route ?

 

Écoutes‑tu tes émotions, tes intuitions, ce que tu sens être juste, bon et généreux? Fais‑tu ton possible ? Fais‑tu ton travail du mieux que tu peux ? Te pardonnes‑tu ? Aimes‑tu ? Juge‑tu les autres? Les réponses que tu donnes à ces questions diront si tu es sur la bonne route. Cela peut paraître naïf et «quétaine» de dire qu’il faut faire le mieux possible son travail, mais la vie spirituelle n’est rien d'autre que la vie vécue dans sa plénitude et le rôle que l'on a à jouer constitue un instrument de choix.

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