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Zone de Texte: «FAQ» sur la Vie

?

Zone de Texte: Les questions qu’on se pose sur la vie

Placide Gaboury

répond

à vos questions

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. RETOUR .

Pourquoi certaines personnes connaissent-elles le mal de la passion

et d’autres n’en ont pas besoin pour évoluer ?

 

Cela t’aidera de voir la vie comme une course olympique. Dans les grandes courses, les candidats ne partent pas du même point sur le circuit. Ce n'est qu'à la fin que tout se clarifie. À aucun moment de la course, on ne sait exactement où sont les participants, pour la simple raison qu'ils suivent chacun une piste de longueur inégale.

 

Un peu comme dans la vie. Chacun de nous suit une piste en partant d'un point qui nous échappe et chacun arrive à destination en son temps, selon son rythme propre. Ce qui est «avancé» pour l'un peut ne pas le paraître lorsqu'on le compare aux autres. Comparer nous fait perdre la vraie position de chacun des coureurs qui sont uniques et en cela incomparables. (En réalité, la vie n’est pas une course entre compétiteurs, tous sont finalement gagnants s'ils sont fidèles à leur piste.) Ainsi, certains auront connu la passion amoureuse à d'autres moments de leurs vies. Ils pourront du reste la retrouver plus tard s'ils en ont besoin. Ce qu'ils vivent présentement est impossible à analyser: il faudrait connaître toute la brochette de leurs vies passées, tout comme la course actuelle du coureur n'est compréhensible qu'à partir de toutes les courses qui l'ont précédée. Que certains ne connaissent pas l'amour-­passion, cela peut aussi dépendre des coutumes ou des traditions. L’amour-passion inventé par les troubadours du Xle siècle n'est pas une expérience nécessairement universelle et il n'est pas essentiel à la définition de la nature humaine. Cependant dans le contexte de notre tradition, quelqu'un qui n’a pas connu l'amour-passion ne peut comprendre les autres et se prive en même temps d’une étape fondamentale de son évolution. En somme, je ne vois pas comment on peut ici vivre pleinement son autonomie sans être passé (à un moment ou l'autre) par l'épreuve de l'emballement romantique.

Lorsqu'on réussit à «sortir» de soi la personne qui nous obsède, en utilisant la technique de l'arbre, sommes-nous alors épargnés pour les fois à venir, ou allons-nous encore «retomber» amoureux ?

 

La question renvoie à un exercice particulier que j'ai pratiqué personnellement pour me libérer d’une possessivité profonde. Il s'agissait de «sortir» de moi la personne aimée à laquelle je m'étais identifié jusqu'à y perdre même ma propre personnalité au profit de l'autre. C'était comme un étranger qui envahissait le pays et qui maintenant l'occupait.

Première chose à faire, pleurer beaucoup pour expulser de soi les vibrations de la personne ou l'énergie étrangère de l'«occupant», les larmes étant la présence qui nous quitte physiquement.

Deuxièmement. crier très fort son propre nom (celui de la personne qui fait l'exercice) au complet et à plusieurs reprises, soit dans la maison, soit dans sa voiture (de préférence quand personne ne peut nous entendre). Ceci pour affirmer son autonomie. Et enfin, trouver un arbre, l'entourer de ses bras, puis crier à nouveau son nom au complet (Jeanne) plusieurs fois pour dire ensuite : «Je suis Jeanne et toi tu es Jean, et je t'aime et tu m'aimes». L’énergie qui quitte alors le plexus solaire (foyer des émotions) se perd dans l'arbre. Refaire aussi souvent qu'il le faut cet exercice très efficace. Après quelques répétitions, le tour est joué.

Si la peur en nous est profonde, il se peut que la douleur une fois partie, puisse un jour reprendre, si on retrouve la même peur, la même possessivité si on manque à cette loi de la vie qui dit que personne ne peut posséder ou être possédé. C'est‑à‑dire qu'aussi longtemps qu'on n'aura pas appris à aimer, à atteindre au moins le niveau de la tendresse, on va souffrir et faire souffrir.

 

Il n'est pas nécessaire de souffrir ainsi, mais notre peur, notre insécurité et notre absence d’amour pour nous-même font que la douleur, signe d’un trouble profond, surgira à la prochaine occasion. (On aura mal aussi longtemps qu'on n'aura pas temps qu'on n’est pas guéri, qu’on n ‘aura pas consenti à la loi qui défend la possession des personnes.) Ce que je veux dire, c'est que ce n’est pas par hasard qu'on «tombe» ainsi amoureux. (Au Québec, on aime beaucoup «tomber» : on tombe malade, amoureux, on tombe enceinte, de fatigue, on tombe en vacances, on tombe même mort !) Si je suis passionnément amoureux, c’est que j'ai encore besoin d’emprunter cette voie pour me libérer. C’est qu'il y a dans ce domaine quelque chose qui n’est pas encore guéri, le film n'est pas complètement déroulé, le désir ne nous a pas encore appris sa leçon.

On peut cependant apprendre à mieux aimer à travers tout cela, réduisant le prochain impact de l'amour souffrant. On peut par exemple apprendre à se placer du point de vue de l’autre, pour mieux le comprendre et moins projeter sur lui d' attentes. On peut surtout apprendre que jamais un autre ne sera comme nous, qu'il n'y aura jamais fusion, union parfaite, ou identité totale, sauf par miracle, mais que chacun de nous doit demeurer ce qu'il est et même devenir davantage, unique et différent, pour être un instrument souple et libre du divin en nous.

La fusion maternelle dont on rêve au début de la passion est une illusion dont on doit sortir. Cela me rappelle les nombreux sermons de curé entendus au cours des mariages. L'un creux disait : «Le mariage est comme deux chandelles qui deviennent une», et il provoquait les larmes de l'assistance. Mais en fait, c'est l'inverse ! On commence par être une seule flamme pour devenir ensuite et avec beaucoup de peines, deux chandelles ! Au début, durant l'extase du coup de foudre, les deux partenaires sont un par fusion, tout comme le bébé dans la mère. Et petit à petit, à mesure qu'ils engendrent un vrai couple, ils deviennent deux progressivement. Ils découvrent (souvent à leur grande déception) que l'autre n'est ni parfait ni comme ils l'avaient rêvé. À mesure que l'idole s'efface derrière l'humain, ils sont devenus deux êtres limités et imparfaits, mais unis par une force plus solide et plus vraie.

Comment faire pour décrocher d'une relation où on a aimé et qui n'est plus possible ?

 

Commencer par être honnête et dire ce que l'on sent. Rien de plus, rien de moins. Ce qui corrompt la plupart des relations, c'est que les partenaires ne sont pas honnêtes l'un vis-à-vis de l'autre, parce qu'ils ne le sont tout d'abord pas avec eux-mêmes. Et lorsque le sentiment a changé, ils n'osent pas l'avouer, ce qui fausse immédiatement la communication. Il faudrait commencer à être honnête au moins à partir du moment où on se quitte ! Ce n'est pas si terrible que cela de dire la vérité. C'est extrêmement libérant. Et ce genre de vérité ne fait pas de tort si on ne fait qu'exposer ce qu'on ressent, sans condamner l'autre. Pour qu'une relation fonctionne et fasse croître, il faut tout d'abord dire sa vérité. C'est à partir de là que tout commence.

Il se peut ainsi que ta vie commence vraiment au moment où tu quittes quelqu'un. Être fidèle à toi-même en étant vrai est plus important que demeurer avec quelqu'un. Comment être fidèle à quelqu’un, alors que l’on n’est pas fidèle à soi ? C'est là qu'il fallait commencer.

Au cours de mon existence, j’ai aimé un homme marié, nous nous sommes rencontrés pendant 2 ans et demi... Je l'attendais et je lui ai demandé de faire un choix. Je ne le partageais plus. Il m'a quittée et en a repris une autre et je le regarde aller et ça me fait mal. Il a abusé de ma naïveté. Crois-tu qu'un jour il payera pour tout ça (parce que c'est un homme qui a toujours eu des maîtresses)?

 

Bon... commençons par le début. Tu savais qui il était, qu'il avait des maîtresses. C'est donc que tu acceptais les conséquences de ton engagement avec lui. Ce n'est pas lui qui ta séduite ou forcée. Et en lui demandant de se brancher, tu ne lui enlevais pas nécessairement cette habitude de courir qu'il gardait dans les coulisses... Seulement tu étais «sérieuse» dans ton exigence et tu ne t’es pas un instant mise à sa place ou imaginé comment lui prenait tout ça? Il ne le prenait certainement pas avec le même sérieux que toi. Il a peut-être fait un petit effort pour toi, mais si toutes ses amours ne sont pas plus entières que ça, pourquoi cette relation avec toi l'aurait-elle été?

 

Deuxième acte: il t’a quittée et ça te fait mal. Mais tu savais que cela pouvait t’arriver, non? Et c’est normal qu'avec l'attachement que tu avais pour lui cette peine suivrait? Mais de le savoir, cela n'enlève pas le mal bien sûr. Eh bien, te voilà au cœur de l'amour‑passion, de cet amour qui fait si mal... pour engendrer un amour plus grand et plus généreux. Tu vois comme c'est difficile d’où tu es, d’aimer ton déserteur inconditionnellement? Tu vois comme l'amour-passion est loin de l'amour vrai?

Troisième acte: culpabilité et vengeance, «ma naïveté», «il payera». Tu dis qu'il a abusé de ta naïveté. Je pense qu'il t’a tout simplement appris une leçon qui t’était due. On n’oblige pas quelqu'un à changer, on ne rend pas quelqu'un sérieux en lui demandant tout simplement de l’être. Vous aviez tous deux à devenir plus sérieux. Il t'a trompée, oui. Mais au lieu de te tourner contre toi pour faire de l'«auto-pitié» et te culpabiliser, il vaudrait mieux tirer les leçons que la vie voulait t’enseigner. L’amour romantique nous maintient dans les passions telles que la culpabilité, «l'auto-pitié», la jalousie et la vengeance. Tu as traversé tout cela dans cette relation.

Tu voudrais qu'il soit puni, comme tu veux toi-même te punir par le remords. (On fait à l'autre ce qu'on se fait à soi.) Mais n'oublie pas que l'énergie négative que tu envoies à cet homme reste dans ton aura et tout ce que tu lui veux de mal, c'est vers toi que cela reviendra. Tu lances un boomerang. Il a son destin à poursuivre, et s'il le veut, il pourra toujours récolter des leçons positives de ses méfaits, et il faut espérer qu'il le fera, pour ton bien autant que pour le sien. Oui, car tout ce que nous faisons vis-à-vis de quelqu'un auquel nous avons été reliés nous affecte autant que lui, et tout ce qu'il fait de mal de son côté (si nous sommes négatifs) nous affectera aussi, comme tout ce qu'il fera de positif nous reviendra également (si nous sommes positifs). Nous sommes tissés ensemble, hommes, femmes et enfants de ce monde, certains par des mailles plus serrées, mais le tissu universel est d'une seule venue. L’humanité ne se déchire pas.

Que peut attendre un partenaire avec des enfants, de sa partenaire célibataire qui a de la difficulté à s'adapter à cette nouvelle situation ?

 

Il doit attendre ce qui vient en écoutant son cœur. Si la situation devient trop pénible pour être vécue harmonieusement, on devra commencer à se poser des questions sur cette vie de couple. On mise habituellement trop sur la cohabitation comme signe, confirmation ou preuve d'amour. La cohabitation ne garantit rien, dût-elle durer 60 ans. Toute vie seul, à deux ou à plusieurs doit être avant tout une aventure de croissance. S'il n'y a pas de croissance, il faut changer la règle. Il y a moyen de croître dans toute situation et la croissance n'exige pas de conditions particulières. Elle fait flèche de tout bois.

Comment vivre l'amour après un divorce ?

 

Il faut se traiter avec grande tendresse, beaucoup de patience et de compréhension. Guérir tes blessures peut être long. Mais guérir les blessures ne veut pas dire prolonger le deuil. Il faut savoir quand cesser de malaxer le passé, surtout les culpabilités, pour reprendre le mouvement où on l'avait laissé. Mais il est bon de regarder tout cela de plus haut et de plus loin, en se disant que plus une blessure fait mal, plus elle nous enrichit et nous transforme. (À relire après quelque temps)

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