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Renaître de ses cendres |
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Placide Gaboury |
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Haine du corps étranger. Mais dans ce conflit entre soi et l'étranger, ce n'est pas seulement l'autre que l'on déteste ou que l'on veut détruire, c'est l'autre corps. C'est un corps étranger. Selon Seymour Fisher, le préjugé racial est un préjugé physique. On a un sentiment négatif vis-à-vis de ce corps différent, parce que l'on n'aime pas son propre corps, et par conséquent, on projette cette haine sur un semblable (que l'on considère au contraire comme très dissemblable). Berman nous rappelle que les contes de fées évoquent ce principe, comme dans le cas du crapaud (corps laid et détesté) qui devient un prince lorsqu'on l'embrasse, ou la sorcière qui une fois aimée conjure le mauvais sort, ou encore la Bête qui lorsqu'elle est aimée par la Belle redevient humaine. On retrouve encore cette peur du corps différent et donc présumé détestable, dans le cas des nains, des infirmes, des gens âgés, des femmes pendant la menstruation, des homosexuels à la démarche jugée choquante. Tout cela parce qu'on a de la misère" avec son propre corps, qu'on n'arrive pas à vivre avec lui ou que l'on a peur que ces "laiderons" nous habitent et finissent par devenir apparents. Berman rappelle également que ceux qui aiment ou haïssent leur corps adopteront la même attitude à l'égard des animaux. Car les animaux sont pour l'humain tout d'abord des corps. Et le mental considère son corps comme un animal. On sait du reste que la zoothérapie aide à retrouver l'harmonie avec soi-même, à se retrouver comme un tout. En effet, ce qui rend tout d'abord l'homme malade, c'est la coupure entre l'esprit et le corps, coupure qui se manifeste avant tout par un refus de son corps, de ses ténèbres et de son mal. |