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Zone de Texte: «FAQ» sur la Vie

?

Zone de Texte: Les questions qu’on se pose sur la vie

Placide Gaboury

répond

à vos questions

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Questions 33

Est-ce que le sexe et le spirituel vont ensemble?

(Réponse partielle)

 

Si le Divin nous a créés avec les deux, pourquoi n'iraient-ils pas ensemble? Il n'y a pas de contradictions dans l'œuvre divine. Mais pour mieux comprendre, prenons le sexe de plus loin. Le plaisir sexuel est, comme je le suggérais par l'image du vaisseau spatial, un appel à autre chose, une rampe de lancement. Pourquoi? Parce qu'il ne satisfait pas toute la personne et qu'il ne satisfait que momentanément. On ne peut faire l'acte sexuel pendant des heures et des heures sans atteindre une satiété (qui vient du latin satis : assez!). Tout comme on ne peut manger indéfiniment sans être écœuré ou malade. Le corps est un instrument limité, aux lois très strictes. On ne peut enfreindre ses exigences sans en payer le prix sous forme de maladie. (Cependant, ce n'est pas parce que le plaisir a ses limites qu'il est mauvais. Attention!)

 

Donc, le corps en plus d'avoir des limites, s'ouvre sur autre chose. En effet après de longs et intenses ébats sexuels, que fait-on? On sort les vidanges, on entreprend une conversation, on écoute de la musique. D'autres fonctions prennent la relève. Il y a autre chose que le corps. il y a aussi les émotions, la pensée, le cœur. Et c'est tout cela que le corps appelle. Prenons le film “Dernier tango à Paris”. Voilà un exemple de sexe brut, excluant toute émotion, même toute conversation. Et ça finit mal (un film, bien sûr, mais qui suit la logique de la vie). Le corps n'est pas tout pour nous. Et à mesure qu'on y réfléchit, on s'aperçoit qu'il n'est pas nous, mais notre instrument.

 

Il y a de plus le corps émotif et le corps mental, dont justement le physique est l'instrument. Puis il y a le cœur, dont tout cela est l'instrument, le cœur qui est le centre de paix et de confiance en nous. Arnaud Desjardins disait que “l'argent ne fait pas le bonheur, mais que seuls les riches le savent”. On pourrait dire également que si le sexe ne fait pas le bonheur, seuls le savent ceux qui ont une vie sexuelle. Car il faut, comme pour les autres désirs, l'argent, le pouvoir, le succès, aller jusqu'au bout afin d’apprendre qu'ils ne rassasient pas, qu'ils ne donnent pas ce que l'on cherchait. On voit déjà dans quelle direction nous mène l’amour, vers un échange, vers une union profonde et complète, que le corps seul ne peut donner. C'est pourquoi il déçoit. Il est comme un briquet qui tente à chaque fois d’allumer la cigarette et qui doit se reprendre sans arrêt, parce que le fumeur ne tire pas l'air comme il le devrait ! Ainsi, la personne qui ne se sert pas du feu sexuel pour allumer l'émotion et la tendresse, fait perdre le sens de l'allumage. Dans l'acte sexuel, les corps ne sont pas vraiment unis. Ils se touchent bien sûr, ils se pressent, ils ont l'illusion d'être fusionnés surtout au moment de la pénétration. Mais ce sont nos corps qui pourtant nous séparent, comme c'est par l'esprit que nous sommes unis. (Le malheur, c'est qu'on ne regarde que cette apparence corporelle pour vivre ensuite comme si tous les humains étaient en fait séparés.)

 

Pour répondre complètement à ta question, je dois ajouter que ce n'est pas le sexe qui éloigne de Dieu. C'est l'ego, cette prétention d’être le maître, de contrôler et d'imposer sa volonté aux autres ainsi qu'à la vie, qui crée l'obstacle à l'amour en nous. L’ego se nourrit de peur, il s'identifie au corps, à ce qu'il y a de moins stable en nous, et à cause de cette identification, il se voit séparé de tout surtout de sa source cachée au cœur de l'être. Il est l'insécurité en nous, l'incrédulité, le doute.

Que faire avec nos pulsions sexuelles lorsqu'on n'a personne avec qui les satisfaire?

Dans le même sens, lorsqu'on manque tout simplement d'affection, de tendresse ou d'une simple caresse, que faire ?

(Réponse partielle)

 

Les désirs sont une des voies de la vie spirituelle. Mais à la condition d'en tirer les leçons. Le désir du plaisir sexuel, de la nourriture, de la richesse, du pouvoir, du succès, de l'affection ou de la tendresse sont tous des appâts que le Pêcheur éternel fait miroiter devant nous. Nous ne pouvons nier la présence du désir, même si nous pouvons en retarder ou en refuser la satisfaction. Le désir est semé en nous comme un germe lancinant. Mais quelle est cette leçon qu'enseignent les désirs? Que leur satisfaction ne peut nous procurer le bonheur. (Le bonheur n'est pas dans le ver qu'on désire mais dans le pêcheur en nous qui sème l'appât) Mais tout d’abord, il s'agit de chercher dans la mesure du possible à satisfaire le désir, en acceptant bien sûr les conséquences de cette aventure. Et comme nous ne sommes pas des animaux, le simple fait d’obtenir un butin ne nous rassasiera pas. Les appels en nous sont infiniment ouverts, alors que l'animal est encadré par ses instincts. Nous sommes des êtres d'esprit et de lumière faits pour connaître et aimer, d'une connaissance qui est à la fois compréhension et union, comme une manducation de la chose connue, je deviens elle, elle devient moi.

 

Chaque acte est un pas vers la connaissance, la possession seule du butin ne saurait suffire, il faut que tout l'être soit satisfait et c'est là que la connaissance a lieu. La connaissance, c'est tout l’être qui récolte ce qu'il cherchait au moyen du corps, des instincts, des appétits, des émotions. Et de cette gerbe d'expériences, il cueille le fruit de la connaissance, il tire une leçon, comme par exemple, “le sexe ne fait pas le bonheur”, pas plus d'ailleurs que le succès, le pouvoir ou la nourriture. Il y a toujours un plus, un lendemain, un “rallumage” qui repousse plus loin la satisfaction comme un point de fuite à l'horizon.

 

Maintenant tu pourras mieux comprendre le sens des désirs qui t’habitent. Tu dois tâcher de satisfaire tes désirs, de relâcher tes tensions sexuelles qui appellent une détente (et qui souvent ne sont que cela). Tu dois te sentir bien avec toi-même. Il te faudra donc très simplement masser ton corps pour atteindre la détente tout comme tu t'es déjà fait plaisir en apaisant une démangeaison. Il faut commencer par t’enlever la culpabilité dont tu as rempli tes actes sexuels. Il n'y a là ni bien ni mal, mais des énergies physiques qui se manifestent et qui font pression. Il te faut regarder cela comme on regarde le simple fait de manger ou d'aller aux toilettes, moments où l'on “satisfait des besoins naturels”. La religion chrétienne a mêlé la morale à tout, surtout au sexe, qui était pour elle un moyen exemplaire de pratiquer son contrôle des consciences par des piqûres de culpabilité.

 

Il s'agit pour chacun de nous qui avons hérité de la culpabilité, de la désamorcer afin de réapprendre à voir la vie, notre corps et le monde dans l'innocence et la spontanéité. Tout ce que tu feras de ton corps doit se faire sans culpabilité, c'est la première chose à assurer. Une simple pensée, un simple regard, appelés traditionnellement “mauvaise action” peuvent suffire à installer en toi la culpabilité. Et ce mat, on ne le dira jamais assez, c'est l'obstacle premier à toute action divine en nous. C'est elle qui ferme tout qui bloque toute capacité d'aimer. Et comme tout ce qui est négatif, elle est un produit de la peur.

J'aimerais recevoir plus d'attention de l'autre.

J'ai besoin qu'on me dise qu'on m’aime.

J'aimerais avoir la joie de vivre sans cet amour impossible.

(Réponse partielle)

 

L’amour-passion. Ce que tu attends de l'autre va te rendre possessive. Pourquoi ? Parce que tu ne vois ses gestes qu'en fonction de ce que tu peux en retirer. Tu le vois comme un investissement, comme ton objet, en fonction de toi. Certes, tout le monde veut être aimé, mais tous ne veulent pas prendre les moyens pour y arriver. Ils ne veulent pas commencer par s'aimer eux-mêmes et deuxièmement ils ne veulent pas donner à l'autre sans être assurés d'en recevoir l'équivalent. En d'autres mots, ils vivent un marchandage. Ceci  n'est pas un amour qui libère, c'est de l'amour-passion. En somme, tu t’arranges pour rester dans cet amour et en même temps tu voudrais en sortir. Mais il faudra plus que ce simple “voudrais”. Il te faudra un “je veux” sincère et responsable, en commençant par l'amour de toi-même. Plusieurs ont peur de s'aimer parce qu'ils ont appris de la religion chrétienne que c'était mal et qu'il fallait n'aimer que les autres.

 

Combien de gens que nous avons connus se sacrifiaient pour les autres, trouvant leur sacrifice pénible mais croyant que le vrai amour l'exigeait ainsi. Or, ce qu'on fait avec peine, on le fait à reculons, malgré soi, sans goût, sans amour, on “se marche sur le cœur” comme on dit souvent ! Le critère du vrai amour des autres, c'est l'amour que l'on se donne à soi-même, le plaisir qu'on a à s'aimer. Il n'y en a pas d'autre. Et l'amour rend joyeux, libre et spontané. On ne peut s'aimer à reculons.

 

Quand tu dis que tu aimerais “recevoir plus d'attention de l'autre”, c'est que tu ne t’aimes pas suffisamment, tu quêtes chez l'autre ce que tu ne te donnes pas à toi-même. Tu vis encore comme l'enfant mal-aimée ou l'adolescente en quête de parents. La tendresse dont tes parents f ont comblée au début reste inscrite comme une matrice profonde que tu auras tendance, comme dans une matrice d’imprimerie, à reproduire indéfiniment. C'est-à-dire que tu vas chercher partout ce que tu avais connu avec tes parents. Tu auras tendance à répéter le passé, tu y resteras prise. Tu vas attendre de l'autre (ton partenaire) ce dont tes parents t’ont entourée. Or, si les parents sont comblée de tendresse et de sécurité, c'est pour que tu en apprennes le processus et te l'appliques à toi-même (un peu comme enseigner à pêcher à quelqu'un pour ne plus avoir à lui fournir du poisson). En te comblant, tes parents ont déclenché en toi la capacité de t'aimer, ce qui te pousserait naturellement à aller vers les autres. Ils t'ont fait sentir ton amabilité pour que tu ailles ensuite reconnaître celle d'autrui. Mais aussi longtemps que tu attends qu'on t'aime, tu redeviens ce bébé, cette adolescente. Tu recules ou restes sur place. Il te faut prendre en main ta vie en apprenant à t’aimer et à aimer les autres. Il faut que tu deviennes pour toi ces parents qui font comblée d'amour.

 

Tu dis “j'ai besoin qu'on me dise qu'on m'aime”. Je comprends cela. Mais il faudra que tu apprennes que c'est encore une attitude infantile et adolescente. On vit dans la fantaisie, imagination, dans la dramatisation de l'amour. On pense qu'on nous aime davantage (ou surtout ou seulement) quand on nous le dit. Mais l'amour est dans les attitudes et les gestes, il est quelque chose au coeur qui descend plus loin que la parole et qui, à bien des points de vue, ne s'exprime pas par des mots. Les mots souvent le vulgarisent, le volatilisent.

Lorsqu'on réussit à “sortir” de soi la personne qui nous obsède,

en utilisant la technique de l'arbre, sommes-nous alors épargnés

pour les fois à venir, ou allons-nous encore “retomber” amoureux ?

(Réponse partielle)

 

La question renvoie à un exercice particulier que j'ai pratiqué personnellement pour me libérer d’une possessivité profonde. Il s'agissait de “sortir” de moi la personne aimée à laquelle je m'étais identifié jusqu'à y perdre même ma propre personnalité au profit de l'autre. C'était comme un étranger qui envahissait le pays et qui maintenant l'occupait.

 

Première chose à faire, pleurer beaucoup pour expulser de soi les vibrations de la personne ou l'énergie étrangère de l'“occupant”, les larmes étant la présence qui nous quitte physiquement.

 

Deuxièmement. crier très fort son propre nom (celui de la personne qui fait l'exercice) au complet et à plusieurs reprises, soit dans la maison, soit dans sa voiture (de préférence quand personne ne peut nous entendre). Ceci pour affirmer son autonomie. Et enfin, trouver un arbre, l'entourer de ses bras, puis crier à nouveau son nom au complet (Jeanne) plusieurs fois pour dire ensuite : “Je suis Jeanne et toi tu es Jean, et je t'aime et tu m'aimes”. L’énergie qui quitte alors le plexus solaire (foyer des émotions) se perd dans l'arbre. Refaire aussi souvent qu'il le faut cet exercice très efficace. Après quelques répétitions, le tour est joué.

 

Si la peur en nous est profonde, il se peut que la douleur une fois partie, puisse un jour reprendre, si on retrouve la même peur, la même possessivité si on manque à cette loi de la vie qui dit que personne ne peut posséder ou être possédé. C'est-à-dire qu'aussi longtemps qu'on n'aura pas appris à aimer, à atteindre au moins le niveau de la tendresse, on va souffrir et faire souffrir.

 

Il n'est pas nécessaire de souffrir ainsi, mais notre peur, notre insécurité et notre absence d’amour pour nous-même font que la douleur, signe d’un trouble profond, surgira à la prochaine occasion. (On aura mal aussi longtemps qu'on n'aura pas temps qu'on n’est pas guéri, qu’on n ‘aura pas consenti à la loi qui défend la possession des personnes.) Ce que je veux dire, c'est que ce n’est pas par hasard qu'on “tombe” ainsi amoureux. (Au Québec, on aime beaucoup “tomber” : on tombe malade, amoureux, on tombe enceinte, de fatigue, on tombe en vacances, on tombe même mort !) Si je suis passionnément amoureux, c’est que j'ai encore besoin d’emprunter cette voie pour me libérer. C’est qu'il y a dans ce domaine quelque chose qui n’est pas encore guéri, le film n'est pas complètement déroulé, le désir ne nous a pas encore appris sa leçon.

 

On peut cependant apprendre à mieux aimer à travers tout cela, réduisant le prochain impact de l'amour souffrant. On peut par exemple apprendre à se placer du point de vue de l’autre, pour mieux le comprendre et moins projeter sur lui d' attentes. On peut surtout apprendre que jamais un autre ne sera comme nous, qu'il n'y aura jamais fusion, union parfaite, ou identité totale, sauf par miracle, mais que chacun de nous doit demeurer ce qu'il est et même devenir davantage, unique et différent, pour être un instrument souple et libre du divin en nous.

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