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Questions 7 |
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Questions 8 |
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Placide Gaboury répond à vos questions |
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Questions 10 |
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Questions 11 |
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Pourquoi vit-on? Pour qui vit-on? (Réponse partielle)
Il faudra que tu trouves toi-même les réponses à ces questions. Quant à moi, la réponse que je me suis trouvée me dit que la vie n'a pas besoin d'explication pour exister. La vie est la seule chose qui existe, tout vit dans l'univers, il n'y a rien comme tel de “mort”. La réponse au pourquoi de la vie ne vient sûrement pas du corps, qui n'en a pas conscience, ni des émotions qui sont trop absorbées pour y répondre, mais peut-être qu'elle peut venir quand on commence à raisonner. Seulement, si on poursuit cette quête rationnelle, on va très tôt s'apercevoir que la raison ‘’ne livre pas la marchandise’’. Elle n'a pas la clé de l'énigme, justement, comme le disent des savants tels qu’Einstein, parce que l'univers n'est pas explicable par la raison.
C'est au-delà de la logique rationnelle, dans l'intuition, dans les profondeurs de l’inconscient (qui est plus intelligent que la raison), dans l'imaginaire, la poésie que les réponses peuvent être suggérées. Mais les vraies réponses satisfaisantes ne viennent que lorsqu'on a vécu à fond toutes sortes d'expériences et qu'on commence à comprendre que la vie est une source de possibilités infinies. Les peines vécues, la souffrance sous toutes ses formes nous livrent des secrets. Elles nous montrent qu'il y a un ordre dans l'univers et qu'on ne peut l'offenser sans en recevoir des réponses désagréables, on ne fait pas ce qu'on veut dans la vie et avec la vie, avec soi-même, son corps, ses émotions, avec les autres ou avec les choses physiques. C'est peut-être à partir des limites et des expériences négatives qu'on commence à comprendre quelque chose. Un peu comme un mur qu'on découvre à tâtons dans la noirceur. On découvre par le négatif. On sait ce que la vie n'est pas et ne permet pas. Ce n'est peut-être qu'après cela que la vraie découverte peut se faire, que les possibilités se trouvent à l'intérieur de limites reconnues et acceptées.
Deuxième question. On vit pour soi tout d'abord. On fait plaisir à soi-même. Quand on pratique ça assez longtemps pour s'apercevoir que ce moi est trop petit, on commence à l'élargir pour inclure tous les autres, en commençant par quelques-uns. Dans la mesure où l'on découvre qui est ce Je profond au-delà de ces fouillis d'émotions, de désirs, de volontés dispersées, on atteint en nous quelque chose qui rejoint tous les êtres. Aussi longtemps qu'on vit pour quelque chose qui a un nom, pour un personnage social, une carte d'identité ou de mode, on vit pour un décor de carton-pâte. L’ego n'est pas notre vrai je. Notre Vrai Je se fiche éperdument de l'ego: il n'est pas du tout limité ni conditionné par lui. Selon la tradition spirituelle, c'est pour atteindre cela en nous que l'on vit, c'est pour se réaliser. Non pas tellement vivre pour quelqu'un mais pour la réalité derrière soi et derrière tout. On est prêt à tout sacrifier pour cette Divine Présence en nous, qui est plus nous-même que notre ego, ce faussaire qui se prend pour un dieu. |
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Qu'est-ce que la solitude pour vous. Est-elle nécessaire?insupportable? bienfaisante? (Réponse partielle)
La solitude prépare à l'autonomie. Elle est nécessaire pour être soi-même et développer son ego. Il peut paraître étrange de parler ainsi, alors qu'on a tellement insisté sur le dépassement de l'ego. Mais pour que le Je Supérieur, le Coeur, devienne fort, il faut que la charpente soit solide. Quelqu'un qui est incapable de gagner sa vie (à moins d’impossibilités insurmontables), qui ne peut assumer ses responsabilités (famille, défense de ses droits, etc.), qui ne peut garder un emploi ni réussir en amour, n'est pas mûr pour la vie intérieure. Il n'a pas unifié son être, il n'a pas développé suffisamment ses corps (physique, émotif et mental). Il est la proie de toutes les opinions et des modes, il cède aux pressions, il pense comme tout le monde, il est la marionnette du dernier look, du dernier cri, du dernier courant. Il est emporté par ses chevaux, tiraillé à hue et à dia par des passions qui le déchirent.
La solitude doit s'apprendre. Et si l'on veut apprendre à aimer comme il faut, il faudra pouvoir passer du temps seul. Si de plus, on veut être fort, il faut se tremper par la solitude. La solitude loin des masses est aussi importante que la plongée dans le feu de la lutte. Il faut se tremper comme on trempe le fer, en le faisant passer du chaud au froid plusieurs fois. Mais s'il faut apprendre à traverser seul certaines épreuves, il ne faut pas non plus faire le brave outre mesure. Il est bon de reconnaître qu'on a besoin des autres. Il faut un équilibre, un mouvement pendulaire. Il n'y a pas de plan statique, on passe constamment de l'un à l'autre, de l'extérieur vers l'intérieur, de l'intérieur vers l'extérieur, du silence à l'action, du groupe à la solitude.
Être isolé ou n'avoir aucun contact avec quiconque n'est pas valable en soi. Ce n'est pas un sacrement pas plus que le silence du reste. Il y a des silences qui sont des gouffres de peine et de dépression. Le silence peut être un refuge pour les gens qui refusent la vie, qui se sentent rejetés, qui boudent leur époque. C'est l'idée de s'en servir comme d'un instrument qui lui donne de la valeur.
Il reste vrai que quelqu'un qui a puisé à la source de son être, pour découvrir ce qu'il est (non pas je suis tel ou tel malade, en forme, beau, laid, grand, petit, mais simplement je suis), peut s'y trouver dans n'importe quelle situation, pas moins sur la rue qu'en chambre, dans le bruit que dans le silence. Ceux qui, à force de raffinement, sont devenus trop fragiles pour endurer la rue, le bruit et le monde de la consommation sont débranchés, décollés, ils sont en plein dans la peur de l'ego, même s'ils se croient très purs. La pureté de l'être donne de la force, elle ne rend pas peureux et faible. Au fond, nous ne sommes jamais séparés du reste de l'univers. Mais avant de le découvrir, il faut avoir expérimenté l’isolement et l'angoisse de se sentir seul et abandonné. |
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Donnez-nous des moyens, des techniques, pour arriver à s'accepter. (Réponse partielle)
Il n'y en a pas. Les moyens te sont donnés par douzaines chaque jour, mais tu ne les remarques pas. Tu cherches quelque chose de magique. Ça n'existe pas. Regarde tes émotions, vois comme elles te font souffrir chaque fois que tu refuses quelque chose en toi, que tu refuses un événement, que tu te révoltes lorsque quelqu'un te blesse ou qu'on te rejette. Tu as là tous les outils qu'il te faut. Quand tu auras regardé tes réactions assez longtemps, tu commenceras à en avoir moins, à changer d'attitude. Tu vas t'accepter et le monde pour toi ne sera plus le même.
L'alcoolique est l'exemple que je prends habituellement. L'alcoolique se détruit, se déteste, se dégoûte lui-même, jusqu'à ce qu'il atteigne le fond, et alors, s'il le veut, il peut commencer à remonter. Et comment fait-il cela ? En acceptant le fait qu'il est alcoolique, ce qu'il avait refusé d'admettre jusque là. Aussi longtemps qu'il disait non, il se niait, se détruisait, s'enfonçait. Dire oui à ce que l'on est, sans tricher, c'est le commencement de la remontée. Le jour où tu diras oui à tout ce que tu refuses, ce sera pour toi le jour de ta vraie naissance. Tu verras que tu es sans limite, sans peur.
Est-ce facile de faire un pas quand on est vraiment prêt ?
Ce n'est facile qu'à ce moment-là. Je me souviens qu'en 1971 j'avais décidé de quitter l'Église et l'ordre des Jésuites, mais cette décision était en fait un coup de tête, très volontariste, donc très émotif Je me suis senti très tourmenté, malheureux au point d'en être malade. Ce n'était pas la chose à faire ni le moment: je décidais avec mes émotions, par dépit, rancune et amertume. J'ai donc renversé ma décision et suis demeuré en communauté avec l'intention d'être fidèle à moi-même jusqu'au bout. Mais douze ans plus tard, le temps étant mûr pour passer à une autre étape, ce sont les Jésuites qui m'invitèrent à les quitter. Le Supérieur me dit: “Ou bien tu te soumets, ou bien tu quittes” (étant donné que dans l'Église et surtout dans son avant-garde jésuite, la démocratie n'existe pas et que les ordres viennent d'en haut, comme la soumission qui les justifie vient d'en bas).
Chaque pas important de ma vie m'a remis devant une situation analogue : vais-je décider avec mon mental chargé d'émotions, de peurs et de préjugés, ou bien vais-je laisser l'Intelligence Créatrice me conduire et attendre que les événements me révèlent la direction à suivre ? J'ai toujours trouvé que lorsque c'était facile de décider, cela ne venait pas de l'ego, mais lorsque c'était difficile et souffrant, c'est bien l'ego qui prenait le gouvernail, et alors les résultats étaient toujours moins que satisfaisants. Il en va de même de tout ce que l'on fait avec l'ego: des résultats sont obtenus, bien sûr, mais ils entraînent des complications et des peines. En d'autres mots, ils produisent une autre série de malheurs. |
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Que peut-on faire lorsqu'on a l'impression de ne plus avancer dans notre voyage intérieur ? (Réponse partielle)
Continuer! Il y a des montagnes et des vallées en tout, les unes n'existent pas sans les autres. À un moment on est bien, tout va comme sur des roulettes, puis vient une période de noirceur. Tout change, rien n'est stable aussi longtemps qu'on est dans les émotions, les peurs et les préjugés. Ce qui a l'impression de ne pas avancer, c'est notre juge mental, qui distribue les prix de mérite, qui mesure les progrès, qui décerne les médailles olympiques. C'est précisément celui-là qu'il faudrait cesser d'écouter et aussi longtemps que tu cherches à faire ton possible, tu dois rester tranquille et attendre. Tout le reste vient d'un manque de confiance. Sois humble et laisse faire la Vie, elle sait où te mener. Mais jamais elle ne le dit à l'avance: il faut faire un saut dans le vide pour perdre sa peur.
Je voudrais trouver un ou des moyens pour s'abandonner à Dieu sans toujours s'agripper dans la peur.
Je pense qu'il faut avoir traversé les peurs avant d'atteindre en nous la place où il n'y en a plus. Ne fuis pas ta peur, ne prends pas trop de gin pour t'en distraire, regarde-là bien en face. À force de la reconnaître, de l'accepter, tu arriveras à la dépasser. La partie en toi qui observe sans juger n'a pas peur. C'est là que tu vas finir par te retrouver.
Le voyage intérieur et la vie spirituelle peuvent-ils, selon vous, exister sans un dieu quel qu'il soit ?
Le Bouddha, qui ne reconnaissait pas un dieu extérieur à soi, disait que s'il n'existait pas un Non-Né et un Non-Mortel, on ne pourrait arriver à la libération. Ce qui fait qu'on se libère, c'est cette Présence attentive que l'on n'est pas tenu de définir, pourvu que l'on se tienne dans une attitude de réceptivité et de disponibilité à ce qui nous dépasse.
Selon ma façon de penser, on ne peut rien comprendre sans que l'Esprit divin nous guide et nous éclaire, ce qu'il fait de l'intérieur de nous. Les efforts de notre part ne suffisent pas en eux-mêmes. Ce n'est pas moi qui initie le voyage, il précède mon ego et lui survit.
Je pense aussi que pour avancer, il ne faut pas fixer sa conception du Divin dans une forme ou un nom rigides. La souplesse, l'ouverture, le sens du mystère sont des signes que l'on se libère de l'ego durci et “poigné”. |

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