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Est-il normal de tout remettre en question (religion, qualité de vie, société qui nous contrôle, etc.) dans notre recherche d'une spiritualité ? (Réponse partielle)
Ce qu'il s'agit de remettre en question, ce sont nos attaches, nos préjugés, nos peurs, nos identifications aux choses acquises et à nos sécurités. La religion, si l'on entend par là un système organisé de croyances, d'obligations, de rites et de pouvoirs hiérarchiques, fait habituellement partie de ces dépendances et attaches. Tout ce qui rend la croissance difficile, empêche l'autonomie, nous retient de prendre des risques et de nous remettre en question, c'est évidemment un obstacle à dépasser. Bien sûr, on peut vivre à l'intérieur d'une religion établie et poursuivre sa croissance, à condition d'être avant tout fidèle à soi-même, de ne pas se laisser manipuler, de ne pas sacrifier son être à un club installé et de ne pas faire partie de la direction. On ne doit jamais soumettre son être à aucune domination extérieure.
Si on peut rencontrer quelqu'un de paisible et joyeux, simple et vrai qui n'abuse pas de son pouvoir, qui ne demande pas notre soumission, mais exige plutôt notre autonomie, en d'autres mots, qui nous respecte sans condition, on pourra beaucoup profiter de ses conseils et lumières et même, sans danger, se laisser guider par lui. Si on a décidé sérieusement de se libérer de son ego, on commencera à examiner ses motifs, pourquoi on accumule, pourquoi on s'entoure de confort, pourquoi on cherche la sécurité ou se crée des armures. On devra cesser d'écouter les vendeurs de biens consommables et apprendre à se suffire soi-même, évitant l'inutile et le superflu.
Comment interpréter le sentiment que je ressens lorsque mon partenaire me parle d'une situation d'ordre matériel qui le dérange et qui me laisse froide ? Est-ce du désintéressement ?
On se détache d'une chose lorsqu'une autre qui nous attire davantage et occupe notre esprit, engage notre cœur. Si tu n'es plus intéressée à collectionner des bibelots, des meubles ou des bijoux, mais davantage sensible à la qualité de tes gestes, à ton intuition, à tes sentiments profonds, à la valeur cachée des personnes et des événements, c'est que ton intérêt s'est déplacé et tu ne pourras revenir à tes anciens attraits. Cela pourra paraître de l'indifférence, mais c'est simplement l'attraction qui a changé. Le bateau est passé dans un autre sas.
Il est difficile pour un couple de poursuivre ensemble la croissance lorsqu'un des partis reste figé dans son évolution. Celui qui continue d'avancer devra se montrer patient et accepter le rythme de l'autre, sans lui en faire le moindre reproche. Et si, après quelque temps, la différence des points de vue se fait trop difficile et profonde pour vivre harmonieusement on pourra alors poursuivre séparément son chemin. N’oublie pas que lorsque tu étais moins avancée ou même matérialiste, tu n'aurais pas toléré qu'on te le reproche ou encore qu'on te force à changer d’attitude. Pense à cela.
Y a-t-il une différence entre l'amour et le respect ?
As-tu jamais aimé une personne que tu ne respectais pas ? Le respect, l'acceptation de l'unicité et de la différence de l'autre sont les conditions pour qu'il y ait union et compréhension. Le respect, c'est l'honnêteté dans ses rapports avec soi-même et avec l'autre. C'est ne pas nuire à l'autre et vouloir qu'il se réalise en écoutant son propre cœur, même si cela doit me contrarier. |


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Questions 1 |
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Questions 2 |
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Questions 3 |


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Placide Gaboury répond à vos questions |
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Comment savoir qu'on a atteint la vraie spiritualité ? Les Baptistes, les Témoins de Jéhovah, les Bouddhistes, les Adventistes, les Adeptes de la réincarnation, tous ces groupes de personnes croient avoir trouvé et détenir la vraie et unique spiritualité. (Réponse partielle)
Attention! Ne confondons pas religion et spiritualité. Le bouddhisme ne croit pas en Dieu, à l'encontre de tous les autres groupes que tu mentionnes. La vie spirituelle n'est pas venue de la religion. C'est la religion, ce sont les religions qui sont nées de l'expérience spirituelle. La spiritualité, c'est une expérience du Divin, alors que la religion, c'est l'organisation des disciples qui se réclament d'un maître qui, lui, a eu l'expérience. Le début, c'est l'expérience, ensuite, ceux qui ne l'ont pas eue mais se réclament de celui qui l'a eue, vont créer une religion, une structure socio-intellectuelle, qui sera intolérante dans la mesure où précisément l'expérience manquera. La religion, c'est l'expérience devenue système philosophique, théologique et hiérarchique. Et comme dit Arnaud Desjardins: “C'est par les systèmes philosophiques que les hommes, au lieu d'être un, ne sont plus d'accord.”
Chaque secte (du latin sequi : suivre) suit un maître (habituellement rejeté par le groupe majoritaire) et se proclame détenteur de la seule vérité. C'est naturel à un ego de groupe d'agir ainsi. La volonté d'avoir raison et de dominer sont des tendances de l'ego, qui n'est pas différent, qu'il soit individuel ou collectif, sauf que dans ce dernier cas, il est plus fort. Ceux qui veulent s'imposer, qui veulent convertir, qui jouent sur la culpabilité et la crédulité de leurs fidèles, qui se séparent des autres par leurs prétentions et leur attitude supérieure et qui empêchent les gens de quitter l'enceinte une fois entrés, sont des victimes de l'ego.
Or, la vie spirituelle commence là où l'on commence à traquer l'ego. On ne s'y trompe pas: là où il y a intolérance, abus de pouvoir et d'argent, là ou l'on joue sur les émotions pour conserver ses membres, il n'y a pas de vie spirituelle, mais religion. Les abus d'argent, de pouvoir, d'émotion s'attirent. C'est le royaume de l'ego. On n'a pas besoin d'argent pour aimer, comprendre, pardonner et rire. Le pouvoir, qu'il soit religieux ou autre, a toujours la même saveur. Il ne libère personne, pas plus ceux qui l'imposent que ceux qui s'y soumettent. Ceux qui croient détenir la vérité et par conséquent croient avoir le devoir de l'imposer vivent dans la peur, la peur que ce ne soit pas le cas, la peur qu'on leur démontre le contraire, la peur de perdre leur force en perdant des adeptes. Il n'y a pas de vérité à imposer.
La vérité est comme l'amour, elle n'est jamais forcée. Elle est la façon dont les choses nous apparaissent quand on leur dit oui. Plus on dit oui à ce qu'il y a en nous et dans la vie, plus on est vrai. Ce n'est donc pas l'énoncé des dogmes qui constitue la vérité, mais l'union avec soi-même et avec la vie. Chacun vit cette union de façon particulière, bien sûr, mais plus on est un avec soi et la réalité, moins on est limité à son être, moins on est intolérant, fermé, dur et incompréhensif. La vérité de chacun est comme une facette de diamant, la même pierre avec une infinité de reflets. Chaque facette contient et révèle la lumière du diamant, mais à sa façon. À la fois, on atteint sa vérité en atteignant l'union avec tout. Cette union est affaire de respect des autres et de leur autonomie. On ne peut être un avec qui que ce soit si on ne respecte pas l'autonomie de chacun. L’union, c'est de l'amour, un lien sans peur. Toute autre union n'est que de l'agglomération, de la fusion entre dominants et dominés, des adhésions maintenues par la peur. |
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Questions 4 |
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Quand on dit se tourner vers l'intérieur, qu'est-ce que cela veut dire ? Je crois que c'est inexprimable. (Réponse partielle)
Je crois qu'on peut essayer quand même de dire quelque chose! Se tourner vers l'intérieur, c'est se détourner de l'extérieur. Mais entendons-nous bien. L’extérieur ici, ce n'est pas les êtres, la nature, les personnes et les choses. L'extérieur, c'est l'ensemble des attractions et séductions que nos émotions et sensations opèrent sur nous qui nous rendent esclaves d'elles et' incapables de vivre autrement que comme leur marionnette. L’attrait de l'extérieur (comment on y est attaché) est ce qui est visé ici. L’extérieur comme tel n'est pas un obstacle. L’intérieur dont on parle, c'est la conscience de ne pas être ce corps, cette émotion, cette pensée. C'est là où l'on cesse de s'identifier à ces choses en nous. Où l'on sait qu'il y a plus, un espace de calme sans jugement, sans trouble. C'est ce qui est au-delà de la peur, dans une confiance complète, une capacité d'aimer sans condition soi-même, la vie, les autres. Le Je Suprême n'est pas identifié à mon corps, à mes émotions ou à mes pensées. Il est sans condition, comme l'amour qui l'exprime.
Quant à l'expression “c'est inexprimable”, je pense que c'est simplement un cliché, un peu comme on dit “c’est un hasard”. Parce qu'on prend l'habitude de ne pas creuser, de ne pas aller voir au-delà des “on dit” et des apparences, on se rabat sur des expressions du genre. Mais avant de conclure que c'est inexprimable, il fut au moins avoir essayé de l'exprimer. L’inexprimable alors serait dû non à notre faiblesse ou à notre paresse, mais au fait que le Divin (l’absolu, l’atman, le Soi) est sans condition, sans attribut. Ce n'est pas un objet, quelque chose qu'on peut connaître de l'extérieur. Ce n'est qu'en perdant l'ego en nous, ce blocage qui empêche de voir qui on est, que l'on découvre la Présence qui inclut tout, et hors de laquelle on ne peut se placer pour comprendre. Le Divin n'est jamais atteint par l'analyse ou l'émotion de surface. Il échappe à toute forme de division. C'est dire qu’aussi longtemps qu'on est divisé, on ne l'entrevoit pas, on ne peut sentir ce qu'il est. Et quand on est unifié, c'est Cela qui nous unifie. On ne peut donc jamais le connaître de l'extérieur.
Peut-on aimer une seule personne? J'ai un mari qui aime une autre femme et il la voit régulièrement tout en m’assurant qu'il m’aime (nous avons des relations sexuelles de temps à autre). Lui, ça ne le dérange pas le moins du monde, moi beaucoup. (Réponse partielle)
La fidélité. Si on aime quelqu'un avec son corps, son sexe, ses émotions, sa pensée (union d'idées), son cœur, son être profond, peut-on vivre cette expérience avec plusieurs partenaires simultanément? Ma réponse est non. Car l'investissement qu'exige le sexe, l'émotion et la tendresse à eux seuls est tel qu'il ne peut à toutes fins pratiques se dédoubler. Les attentions physiques demandent énormément de soin et d'application. C'est un travail de dentellière et on ne fonce pas dedans à pas d'éléphant. Il faut cultiver ces détails, les entretenir, les développer, les inventer. Tout cela exige une attention à temps plein. Mais si l'on part du niveau le plus haut, deux personnes qui s'aimeraient d'amour inconditionnel pourraient avoir cette même relation avec plusieurs simultanément, avec tous même. Pas de limites ici dans les relations, tout comme dans l'amour lui-même. Maintenant si les personnes sont liées par le cœur ( amour-tendresse avec plus d'attentions délicates que de sexe), on pourrait peut-être encore concevoir qu'une telle relation se multiplie. Ce serait en fait de l’amitié amoureuse”. |

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Questions 5 |
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Questions 6 |