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Renaître de ses cendres |
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Placide Gaboury |
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Les faillites sont des grâces Apprendre à renaître de ses cendres est une aventure qui attend tous ceux qui sont dans les affaires. Des temps difficiles, l'impossibilité de trouver une main-d'œuvre compétente, la compétition féroce et même, finalement, la faillite seront des occasions uniques de transformation, de dépassement et de renaissance. (C'est la faillite financière que j'ai connue qui me permet de dire cela). Mais, bien sûr, cela suppose une attitude particulière. Il faut avoir connu le désespoir et l'avoir accepté à fond, pour que s'ouvre une autre porte. Et personne, en affaires comme ailleurs, n'est dispensé d'aller jusqu'au bout de lui-même, de se connaître et de s'intégrer complètement.
Je connais un homme d'affaires de quarante-cinq ans qui a brillamment réussi, qui s'est bâti lui-même une entreprise, ce qui l'a rendu riche et puissant. Cet homme a acheté un terrain immense, y a construit, en plus de sa maison, le chalet de ses rêves. Mais depuis, l'usine a mal tourné, elle n'a plus d'âme, les voleurs et maraudeurs ont défoncé son chalet, envahi son immense terrain, et tiré sur des gens. Sa femme ne veut plus y retourner. Son rêve s'écroule. Il dit, en laissant tomber les bras : "Y'a pu rien qui M'fait rien". Il est au bord du désespoir.
Mais s'il le veut, ce désespoir peut être l'occasion de sa transformation. Il est dans la dernière phase, celle où l'on ne croit plus à rien, où l'on ne se sent pas gros, d'où les rêves se sont envolés, où rien n'a plus de sens. Mais cela n'est qu'une façon de voir, complètement négatives et due à l'émotion déformante. Le paysage est déjà en place, mais son regard n'étant pas focalisé, il ne voit pas. Il suffit qu'il reconnaisse que ce sentiment d'indifférence totale est à un cheveu de la conscience libératrice où l'on n'est identifié à rien, où l'on est libre de tout et où tout devient possible. L'écran qui sépare ces deux regards, ces deux êtres, c'est un simple OUI. Dès que cet homme aura crevé l'écran et dit OUI à ce qui lui arrive, il sera transformé. Ce qui lui fait surtout mal, c'est qu'il est convaincu que ce n'est pas ainsi que cela doit se passer, qu'il y a quelque chose de profondément déréglé dans tout cela. Il sera libre le jour où il verra que c'est exactement ce qui doit se passer s'il veut accéder à la paix intérieure. Il suffit qu'il accepte pour que tout cela devienne une grâce de transformation où la vie se charge de sens.
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