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Placide Gaboury |
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MÛRIR |
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La transformation ne peut venir d'aucune autorité puisqu'elle concerne le Cœur. Je répète que la vie sur terre est un exercice d'amour parmi les imperfections, un amour dans l'état imparfait des choses, et non une aventure où tous les obstacles sont annihilés, où tout est réglé comme une horloge. L'amour de compassion, l'amour inconditionnel, se pratique dans des conditions difficiles pour l'ego, et c'est justement pourquoi il s'appelle "inconditionnel". Un amour qui ne se soumet à aucune des conditions posées par l'ego. Je ne crois pas que le monde soit ce qu'il est par accident ou par erreur, cela fait partie de mes préjugés, de mes croyances. Du reste, cette vie sur terre que nous traversons est telle pour que nous apprenions à nous exercer au choix, à la responsabilité, à la capacité d'en assumer tous les aspects, autant ceux qui sont désagréables que les autres. C'est cela qui constitue le bonheur, la liberté et l'amour, autant de réalités qui se forgent et qui ne sont pas données toutes faites.
Si tu vois un monde où la négativité est disparue, l'amour des ennemis ou l'amour inconditionnel n'y sera pas pratiqué, le pardon non plus, le dépassement de l'ego encore moins, puisqu'il est blocage et refus. Ce sera un monde de facilité et d'autosatisfaction. Et vivre dans la ouate tue la force, étouffe la créativité, empêche la croissance. Du reste, que ferions-nous sur terre si tout y était parfait?
C'est justement pour croître, pour mûrir, pour devenir pleinement ce dieu bien incarné que nous sommes venus sur terre. Et il y a l'ego, qui refuse l'Amour. Aussi longtemps qu'il y a l'ego, les gens refusent et c'est cela qu'ils veulent justement. Ce n'est pas une fête continuelle qu'il faut aspirer à connaître ou à créer autour de soi. Il s'agit plutôt de changer notre Cœur, et, lorsque nous seront devenus Amour, le monde autour de nous aura changé de visage. La vie sera devenue un jeu simple. Mais ce sera là l'effet naturel de notre transformation. Les obstacles subsisteront, même les êtres qui restent dans le refus y demeureront installés dans leur négation, mais ils seront embrassés dans la tendresse infinie.
Si la famille humaine n'arrivait pas à s'entendre, à respecter ses différences et à s'aimer à travers les imperfections, ce pourrait être la fin de l'expérience humani-terre ici-bas, mais pas de l'univers. Et peut-être que la Terre, comme notre corps malade lorsqu'il nous montre au grand jour la maladie cachée de notre âme, la Terre qui porte toutes ces blessures, nous donne déjà de façon exemplaire notre dernière leçon. Elle nous dit que c'est le temps de mûrir. |