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POUR ARRÊTER DE SOUFFRIR |
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Placide Gaboury |
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Scénarios de vie Le scénario le plus fréquent, c’est sans doute le suivant. L’individu réussit tant bien que mal sa vie qui est médiocre. Il a un emploi sans intérêt, où il s’ennuie copieusement et cherche en vain ce qui pourrait le satisfaire, le stimuler et l’enthousiasmer. Il a bien quelques bons moments, même des petites joies, des instants d’éclat, des fêtes. Mais il ne voit vraiment pas à quoi tout cela peut mener. Il est écoeuré devant l’apparente absurdité de la vie, l’inutilité de tous ces efforts, de toute cette souffrance. Ses plaisirs sont aussi médiocres que ses peines. Il n’a pas vraiment vécu. Il lui semble manquer quelque chose d’essentiel, quelque chose d’important. Peut-être une grande épreuve...
Personne ne vit la même chose, ne suit le même trajet, et pourtant nous passons par les mêmes étapes, les mêmes pièges, les mêmes illusions, les mêmes épreuves, adaptés toutefois à notre tempérament, à nos capacités, et surtout au rôle que nous devons jouer. Le mélange est certes unique, mais les ingrédients se retrouvent un peu partout: plaisir/déplaisir, réussite/échec, santé/maladie, conflits/accalmies, malheurs/bonheurs, illusions/désillusions. Et tout se passe au cœur du moi: notre ignorance du moi, notre reconnaissance du moi. Aussi longtemps que l’on n’a pas reconnu dans sa propre vie le mensonge et l’illusion du moi, on souffre. Mais la souffrance, qui est un blocage, est en même temps ce qui peut ouvrir la porte.
À un certain moment de la vie, lorsque l’individu commence à être sérieusement éprouvé, il se pose des questions fondamentales. C’est alors que commence la maturité. Ce que j’appelle la deuxième moitié de la vie, celle où l’on cesse de s’éloigner de la Source (de ce qu’on est vraiment) pour s’en rapprocher. Ce deuxième mouvement initie le commencement de la maturité. A mesure que l’individu arrive à composer avec la vie, à se mettre à l’écoute de celle-ci, à en recevoir les leçons, à se laisser guider par son courant, à cesser de vouloir à tout prix avoir raison, une ouverture se fait là où il y avait jusque-là fermeture totale. La sensibilité qu’il avait connue tout bébé lui revient, la sensibilité qui est la véritable intelligence. Ce que l’on a honni, on se met à l’apprécier. Ce que l’on a maudit on commence à le bénir, on devient moins cérébral, moins sûr de soi, plus humble. On reconnaît même que le contrôle de naguère était peut-être un leurre, une prétention. Une transformation est commencée. Elle ne dépend pas de l’âge, mais de la maturité, c’est-à-dire de la capacité de se remettre en question du début à la fin. L’intérêt de l’individu se tourne petit à petit vers l’intérieur. Il voudra maintenant se connaître davantage, en commençant par ses motivations et ses réactions.
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