POUR ARRÊTER DE SOUFFRIR

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Placide Gaboury

La frustration universelle

Il faut peu d’esprit d’observation pour s’apercevoir que tous les humains souffrent émotivement ou dans leur esprit. Selon Bouddha, qui vivait 500 ans avant notre ère, tous les humains expérimentent constamment la frustration: en vivant avec “qui” ou “ce que” l’on n’aime pas, on est frustré; en vivant séparé de “qui” ou de “ce que” l’on aime, on est frustré. La souffrance est toujours là, quoi que l’on fasse.

 

Vous allez peut-être rétorquer : “Pousse, mais pousse égal: il y a tout de même des gens heureux.” Oui, sans doute qu’il y a des gens qui semblent sans inquiétude, qui vivent dans la tranquillité et qui sont habituellement satisfaits de leur sort. Mais ils sont rares. N’oublions pas que l’exception est... exceptionnelle. C’est peut-être une simple réaction de ma part, mais ça ressemble un peu à une enquête désespérée pour savoir s’il y a des humains qui ne meurent pas. Car si je regarde autour de moi et dans d’autres pays que je visite, je vois clairement que, dans l’ensemble, il y a de la frustration chez chaque humain et dans chaque vie humaine. C’est là un fait.

 

On peut l’observer par les attitudes, les gestes, les paroles, les critiques, les plaintes, les récriminations, le narcissisme, l’intolérance, l’indifférence et l’égoïsme des gens. On ne peut, bien sûr, lire dans les pensées ou les cœurs, mais cette course continuelle et effrénée aux objets ou aux instruments de fuite promettant bonheur, oubli, guérison, délivrance, paix, liberté et extase, sont des indices assez volumineux et universellement répandus pour nous permettre d’affirmer que la frustration est partout où il y a de l’humain.

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