Page 1-1

Sérénité

Placide Gaboury

Douzième étapes

‘’Ayant connu un réveil spirituel comme résultat de ces étapes,

nous avons alors essayé de transmettre ce message à d’autres

alcooliques et de mettre en pratique ces principes

dans tous les domaines de notre vie‘’. (Gros livre des AA)

 

Le réveil spirituel est la découverte que, seuls, nous sommes impuissants à être heureux, libres et en paix. C’est reconnaître que c’est la Grâce qui a tout fait, qui fait toujours tout : elle nous a fait connaître l’échec, la chute dans l’alcoolisme, même le désespoir, parce que ce n’est que là que nous pouvions comprendre; c’est là que notre éveil nous attendait. C’est là que la Lumière nous serait donnée, ce qui nous permettrait enfin de voir clair dans notre vie, de voir clairement qui nous ne sommes pas et ensuite qui nous sommes vraiment. La Grâce est autant sinon plus dans les épreuves que dans les réussites, autant, sinon davantage, dans les peines que dans les joies, dans les fautes que dans les bons coups, dans les humiliations que dans les moments de gloire et de célébrité.

 

La Grâce commence par nous laisser faire nos bêtises lorsqu’on est coupé d’elle. Elle nous laisse “tremper dans notre jus”, nous laisse “poireauter”, nous fait bien goûter à ce que l’orgueil et la prétention peuvent produire de souffrances, de malheurs et de désespoirs. Et, c’est à ce moment que, ayant atteint le fond de la misère, s’échappe le cri désespéré : “ Aidez-moi Quelqu’un! ”, ou, pour certains : “Si Tu existes, Dieu, sauve-moi !” C’est alors qu’on voit sa misère, la misère du petit Moi écrasé, démuni, humilié. Reconnaître son Moi et comment il nous a rendus malheureux, c’est la Grâce de l’éveil. S’éveiller à notre être véritable, découvrir qui on est vraiment derrière tous ces écrans de prétention et d’illusion, se voir enfin dans sa vérité au-delà de tous ces mensonges entretenus si habilement. C’est le travail de la Grâce. La Lumière éclaire les ténèbres et c’est alors que les ténèbres disparaissent. Ce ne sont pas les ténèbres qui s’éclairent elles-mêmes! On ne peut jamais se reconnaître, découvrir son mal, sa faiblesse, son erreur, par ses propres forces ou ses propres lumières. Voir son impuissance, c’est sortir de l’impuissance, c’est rentrer dans la Puissance de Dieu (qui ne juge pas notre impuissance; Il ne fait que l’absorber dans Sa Force).

 

Dès que nous reconnaissons que nous sommes faibles,

la force revient.

Dès que nous reconnaissons la colère en nous,

c’est la douceur qui revient.

Dès que nous reconnaissons la haine,

c’est le pardon qui revient.

Dès que nous reconnaissons notre prison,

c’est déjà la liberté qui revient.

Dès que nous reconnaissons notre désespoir,

l’espoir est revenu.

Dès que nous reconnaissons nos ténèbres,

c’est déjà la lumière qui est revenue.

         

Le nénuphar s’épanouit à partir de la boue acceptée,

accueillie et aimée.

. RETOUR .
. RETOUR .