Placide Gaboury

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Sérénité

Sixième étape

‘’ Nous avons pleinement consenti à ce que Dieu

   élimine tous ces défauts de caractère‘’. (Gros livre des AA)

 

Dans la première étape, nous reconnaissions notre impuissance face à l’alcool. Et c’est cette impuissance reconnue qui attirait la Puissance inconnue de Dieu. Nous avons admis cela; nous avons consenti à ce que Dieu nous change parce que c’est cela le Désir de Dieu et ce Désir de Dieu est toujours notre plus grand bonheur même si on ne le voit pas toujours. C’est Dieu qui donne la Grâce de nous reconnaître pour ainsi nous transformer. Nous ne pouvons rien seul et tout ce qui se fait en nous, toute énergie pour agir, tout désir de liberté, toute capacité de gagner notre vie et de travailler, tous les talents qui sont en nous (mais, pas à nous), tout cela est l’œuvre de Dieu de A à Z. La Présence divine est là avant que nous arrivions et elle n’a pas besoin de nous pour semer toutes ces intentions, désirs et projets. C’est après coup que nous les découvrons.

 

Mais la Grâce ne peut nous changer de force. Il faut le consentement. Il faut que le OUI soit dit, de tout notre cœur. Et il faut que le OUI soit continu, pour chaque heure de la journée. Il faut que notre volonté cède complètement à la Volonté de Dieu. Il faut accepter, à chaque moment, le fait évident que nous ne pouvons rien faire seul, sauf nous enfermer dans la prison du petit Moi et souffrir l’enfer. C’est nous qui nous faisons souffrir, ce n’est pas la vie ni les événements ni même les autres. Il faut donc regarder ce qui cause nos souffrances pour nous en libérer. Ce qui nous fait souffrir, c'est notre refus de la vie et de nous-mêmes. On cherche le bonheur ailleurs, toujours ailleurs, dans un avenir qui n'existe pas; on cherche un bonheur qui n'existe pas. Car si on cherche le bonheur, avouons-le, c'est qu'on est malheureux en ce moment même et aussi longtemps qu’on le cherche.

 

Le malheur vient de ce qu’on cherche autre chose, toujours autre chose, qu’on est toujours contre la vie, jamais pour elle. On rejette tout ce qu’on a vécu; on rejette ce qu’on vit actuellement; on s’est habitué à dire NON tellement profondément que tout notre être est devenu comme un rejet, un refus total, comme une nourriture qu’on ne peut plus digérer. Et comme on ne peut être heureux dans ce qu’on est, dans ce qu’on a, on cherche à être heureux dans ce qu’on n’est pas, dans ce qu’on n’a pas. On cherche dans la fuite, dans un demain, dans une promesse qui ne se réalise jamais. Pour la simple raison que le bonheur, c’est d’être complètement uni à ce qui arrive, à ce que l’on est, à ce que la vie nous donne à cet instant même. C’est d’être accordé pleinement à soi.

 

Le bonheur ne se trouve que dans le présent. Et Dieu est dans le présent seulement, un Présent éternel. Il n’est pas dans le passé ni dans l’avenir puisque les deux n’existent pas : le passé n’est plus, l’avenir n’est pas encore. Nous croyons que le passé et l’avenir existent réellement, mais ils existent seulement dans le présent : par le souvenir (passé), par la projection (avenir). Ce que l’on a cherché dans l’alcool ou dans d’autres dépendances, c’est trouver du “ bonheur ” futur en échappant au “ malheur ” passé.

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