Placide Gaboury

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Sérénité

Cinquième étape

‘’ Nous avons avoué à Dieu, à nous-mêmes et à un autre être humain

   la nature exacte de nos torts‘’. (Gros livre des AA)

 

Se reconnaître, c’est regarder en soi ce qui a été vécu, non pour le juger ou se sentir coupable, mais pour voir clairement que, partout dans sa vie, on est impuissant par soi-même à sortir de son enfer, incapable de changer. La Grâce (l’Aide gratuite et puissante de la Source) qui permet de s’accepter dans on impuissance donne, en même temps, la force de s’avouer à soi-même, à Dieu et à un autre toute ce que l’on a fait et qu’on a été. S’avouer à soi-même et à Dieu, c’est la même chose puisque Dieu n’est pas en dehors de nous, mais notre Racine, notre Fondement, notre base ; la religion chrétienne appelle cela notre Père.

 

On avoue à une autre personne pour que ce soit plus concret, plus vrai, plus réel, pour s’apercevoir que tout cela est vraiment arrivé et que, en ayant une certaine difficulté à l’exprimer, ça prend toute sa force. Raconter à quelqu’un ses drames et ses erreurs, c’est une façon de s’en détacher, de les objectiver, d’y voir plus clair. C’est aussi une bonne façon de devenir plus humble puisque l’humilité, c’est reconnaître son état véritable, c’est cesser de se mentir, c’est reconnaître les FAITS.

 

Nos torts. Attention ici ! Si nous regardons nos erreurs et nos drames passés comme des choses dont on se sent coupable ou dont on a raison d’avoir honte, on ne s’en sortira pas. La culpabilité est une des pires maladies émotives ; ça fait partie du complexe alcoolique : dégoût de soi, désir de fuir ce dégoût, dépendance vis-à-vis de cette fuite. La culpabilité est un état chronique de jugement sur soi-même. Il n’est même pas nécessaire d’être coupable pour ressentir la culpabilité. C’est le jugement que l’on porte sur soi qui crée la culpabilité ; ce n’est pas l’acte commis. Il y a des actes que l’on a commis en toute innocence et que, plus tard, on a découverts comme étant nettement négatifs ; tout comme il y a des actes que l’on a pris pour très mauvais et qui se sont avérés, plus tard, assez innocents. Ce n’est pas l’acte qui compte, c’est notre attitude face à lui.

 

Le dégoût de soi-même, la haine que l’on se porte créent cette condamnation sans merci. On se sent coupable, c’est pour cela qu’on se déteste. Mais, encore une fois, se sentir coupable est une impression subjective qui peut exister indépendamment de ce que l’on a fait. Le pré ;jugé qui fait voir la boisson, l’enivrement, l’état d’ivresse et même l’alcoolisme comme une déchéance, une diffamation, nous hante tout au long de notre aventure. Il s’agit donc d’examiner les événements, les comportements mais surtout les ÉMOTIONS de son passé. Car ce ne sont jamais les événements ou les actes qui nous rendent malheureux, c’est la façon dont nous les voyons, c’est notre réaction émotive à leur égard.

 

 

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