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Placide Gaboury |
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Sérénité |
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Quatrième étape ‘’ Nous avons courageusement procédé à un inventaire moral minutieux de nous-mêmes‘’. (Gros livre des AA)
Comme je l’ai dit dans la leçon précédente : se connaître soi-même, c’est connaître Dieu. Et se connaître soi-même, ce n’est pas se juger, se condamner, se regarder sévèrement, trouver la bête noire, s’attarder aux laideurs et à nos comportements dégoûtants. Tout cela, c’est du jugement. C’est justement cela qui nous a amenés vers notre chute et ce serait vraiment malavisé de reprendre la même attitude.
Se connaître soi-même, c’est se regarder comme on regarde les légumes pousser dans son jardin : on est plein d’attention, de sollicitude ; on les cajole presque, mais jamais on ne penserait un seul instant à les injurier parce qu’ils poussent trop lentement. Se connaître vraiment soi-même, c’est comme s’occuper des outils dont on se sert : on est soigneux avec ses outils, on les respecte, on les nettoie, on les range. C’est la même chose avec un nouveau-né : pas question de la juger même une fois qu’il est sevré ou même lorsqu’il commence à parler ou à marcher. On est en faveur, c’est tout. Eh bien ! Dans la connaissance de soi, il y a cette sollicitude, cette patience, cette attention continuelle. Se juger d’avance empêche la vérité de se faire, empêche les faits d’apparaître, alors que rester sans jugement comme un savant qui étudie une plante, une souris ou un oiseau pour savoir comment ils agissent, ce qu’il leur faut, ce qui leur nuit, ce qui les aiderait, c’est cela l’attitude qui permet à la vie de se guérir, de s’épanouir, d’éclore et de poursuivre son chemin.
*C’EST SEULEMENT L’AMOUR QUE L’ON A POUR SOI-MÊME QUI PEUT NOUS GUÉRIR. *C’EST SEULEMENT L’AMOUR QUE L’ON A POUR SOI-MÊME QUI PEUT NOUS LIBÉRER. *C’EST SEULEMENT L’AMOUR QUE L’ON A POUR SOI-MÊMEQUI PEUT NOUS CHANGER.
Rien d’autre, aucun effort de pensée, aucune volonté, aucune analyse ne nous changera, ne nous guérira, ne nous libérera. Que veut dire “ faire un inventaire moral minutieux de nous-mêmes ? ” Le mot “ moral ” fait allusion au sens du bien et du mal, c’est-à-dire à ce qui nous semble bien et ce qui nous semble mal. On a sans doute fait beaucoup de tort aux autres, mais c’est tout d’abord à soi que l’on a fait du tort. Cependant, il ne faudrait pas dramatiser et tomber dans l’apitoiement ou le romantisme. Ne l’oublions pas, ce que l’on a fait sous l’influence de l’alcool est ce qui nous a menés vers la conversion, vers la prise de conscience, vers l’admission de notre impuissance. C’est comme si tout avait été prévu pour qu’on aboutisse à un échec final et, pourtant, c’est cet échec même qui a été notre salut !
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