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Renaître de ses cendres |
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La cause de la mort, c'est la vie. La cause de la mort, disait le Bouddha avec un brin d'humour, ce n'est pas la maladie, mais la vie. La mort n'est pas plus un mal que la vie, les deux s'engendrent mutuellement puisqu'elles ont la même source. Si la cause de la mort est la vie, la cause de la souffrance, selon un autre bouddhiste, ce ne sont pas les traumatismes du passé, mais c'est le fait de s'être détourné de la source. C'est ce que j'ai appelé le refus de l'abîme, de l'ombre en nous, le refus de ce qui apparaît comme non-sens, mais qui contient tout sens et toute sagesse.
Nous nous cherchons tous. Dans l'amour, c'est toujours une partie de soi-même que l'on cherche, et ce n'est pas nécessairement celle que l'on pense, que le chercheur soit un homme ou une femme. On se cherche soi-même mais dans un autre, un autre soi-même, une autre façon d'être soi-même. En amour, nous sommes plusieurs, plus que quatre, puisque en plus des polarités et des contre-polarités sexuelles, il y a aussi les diverses qualités et faiblesses de chaque participant qui font que l'on est en amour peut-être encore plus qu'ailleurs.
La vie est à consommer sur place. La vie nous ramène vers l'immédiat, l'instantané, vers le moment qui s'envole comme un papillon. Tout ce qui vient de la vie est un cadeau. Parfois ce cadeau peut être une peine, une chute de neige, un cancer ou encore le fruit d'un manguier lorsqu'on ne s'y attend pas. Mais lorsqu'elle veut nous faire le plus grand de ses cadeaux, la vie commence par nous vider. L'esprit vide est le plus grand cadeau: il peut tout recevoir, tout donner. Et comme la nature a horreur du vide, dès que l'esprit est vide, il se remplit tout d'un coup d'une créativité, d'une paix, d'une intelligence et d'une compassion illimitées, comme un paquebot qui coule reçoit l'eau de toutes parts. J'ai écrit ce livre en me re-posant beaucoup de questions sur le sens de la vie. Je m'aperçois, à mesure que j'avance dans ma recherche, que la vie est de moins en moins compréhensible, de plus en plus paradoxale et mystérieuse. C'est comme si je la sentais davantage maintenant que je la sais moins. La Vie, Dieu, l'Univers, l'Intelligence, l'Humanité, le Mystère, la Présence, l'Etre, l'Eternel sont autant de termes interchangeables qui ont perdu leurs frontières. Les mots sont noyés dans une mer de sens. Il n'y a plus de catégories qui tiennent.
Mais une danse grandiose et infiniment délicate dont en soixante-trois ans j'ai réussi à apprendre, de peine et de joie, les pas les plus simples. Maintenant, je sens que j'ai la capacité d'apprendre de plus en plus et que c'est cela qui me permet de garder le coeur jeune.
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Placide Gaboury |