Il n'y a pas de moyens, de techniques pour arriver à s'accepter. Les moyens te sont donnés par douzaines chaque jour, mais tu ne les remarques pas, tu cherches quelque chose de magique. Regarde tes émotions, vois comme elles te font souffrir chaque fois que tu refuses quelque chose en toi, que tu refuses un événement, que tu te révoltes lorsque quelqu'un te blesse ou qu'on te rejette. Tu as là tous les outils qu'il te faut.

 

Quand tu auras regardé tes réactions assez longtemps, tu commenceras à en avoir moins, à changer d'attitude. Tu vas t'accepter et le monde pour toi ne sera plus le même. L'alcoolique est l'exemple que je prends habituellement. L'alcoolique se détruit, se déteste, se dégoûte lui-même, jusqu'à ce qu'il atteigne le fond, et alors s'il le veut, il peut commencer à remonter. Et comment fait-il cela? En acceptant le fait qu'il est alcoolique, ce qu'il avait refusé d'admettre jusque là. Aussi longtemps qu'il disait non, il se niait, se détruisait, s'enfonçait. Dire oui à ce que l'on est, sans tricher, c'est le commencement de la remontée. Le jour où tu diras oui à tout ce que tu refuses, ce sera pour toi le jour de ta vraie naissance. Tu verras que tu es sans limite, sans peur.

 

Apprendre à faire confiance

La nature des êtres, c'est leur façon d'agir. Et tous les êtres de l'univers suivent leur nature de sorte que la Nature comme ensemble, c'est la somme des lois qui régissent les divers comportements, du minerai, de l'électricité, des eaux, des étoiles, des plantes, des virus, des cellules, des animaux ou de l'homme. Tout suit une marche harmonieuse, un développement à la fois réglé et improvisé, un processus prévu et en même temps spontané. Je ne peux que me fier à l'univers, que lui faire confiance, m'abandonner à lui, tout lui faire confiance. Tout y est orchestré comme un ballet, la terre est à une distance idéale du soleil, un peu plus ou un peu moins de distance, d'inclinaison ou de vitesse, et nous voilà rôtis ou gelés sans recours. Tout est réglé avec soin et attention, comme par une mère qui veille à la vie.

 

Et cependant, si les lois de croissance suivent des étapes prévues (formation des organes, naissance, lactation, apprentissage de la langue, premiers pas, éveil sexuel, guérison des blessures, maturation, ménopause, vieillissement, décès), il y a un jeu infini de possibilités, de retards et d'adaptations. La loi générale prévoit l'ensemble des processus, mais le déroulement s'adapte aux circonstances, il y a à la fois rigueur et souplesse. Ma confiance dans la nature est spontanée, je me fie au retour des saisons, au lever du soleil, à la gravité, aux lois des liquides et des gaz, aux lunaisons, à la croissance de mon enfant et de mon corps, je me fie au soleil qui me réchauffe, m'éclaire, me nourrit et me comble. Je me fie à la terre sur laquelle je marche, à l'eau dans laquelle je nage, à l'air sur lequel je vole et plane.

 

Bien sûr qu'il y a de la pollution répandue par l'homme dans l'air, l'eau et le sol, mais la Mère Terre est encore capable de créer de la vie, de la chlorophylle, de la photosynthèse, de l'air pur et des eaux saines, elle voit à la transmigration des oiseaux, à l'hibernation des animaux, aux cycles des vivants. On ne peut vivre sans confiance. Peut-être même que la vie n'est qu'un apprentissage à la confiance. On apprend à lâcher prise, à prendre conscience que l'univers se déroule sans notre permission, sans notre intervention. La vie est un exercice d'abandon. Dès le sein maternel, l'enfant s'abandonne, il a confiance en sa mère, et ensuite, en sa poupée, en son chien, en son entourage.

 

Ce n'est que parce qu'on s'éloigne de la Nature et qu'on oublie sa sagesse et ses leçons. Peu à peu la méfiance s'installe, le refus et la révolte s'infiltrent dans nos vies. Un jour, ce que l'on avait aimé est rejeté d'un coup. On se croit alors libre, on ne veut plus d'autorité. La confiance a fait place à la méfiance, à l'arrogance ou à l'autonomie. Mais on a gagné la confiance en soi qui était nécessaire, car on ne peut vivre sans confiance en quelque chose, en soi-même tout d'abord, c'est-à-dire, en sa vie. Il s'agit de s'abandonner à la vie comme à un fleuve qui nous emporte dans son courant. Ne pas voir la vie comme un combat, mais comme une danse où les choses sont complémentaires et non plus ennemies. Couler avec le courant qui est ma propre nature profonde. Retrouver la confiance qui est en moi depuis la naissance, la confiance en la vie qu'était mon enfance. Garder cette confiance enrichie et éclairée de toute l'expérience de la vie. Apprendre chaque jour à me sentir bien avec l'univers, à me sentir chez moi, à m'abandonner à cette intelligente énergie qui dépasse mes calculs, mes peurs et mes mesquineries. La sage nature ne peut me manquer puisque c'est moi-même.

 

Je sais

maintenant

que je ne perds rien à être

comme

 je suis’’

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. RETOUR .

Placide Gaboury

S’accepter