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La peur mène vers la mort. La confiance, c'est toute la vie. Quand on a peur, on se voit comme mortel, on pense qu'on est fait pour mourir. Mais quand on n'a plus peur, on sait qu'on ne peut mourir. C'est alors le Coeur qui l'emporte en nous, ce n'est plus la tête qui mène, toujours gorgée d'émotions. On a peur de la mort aussi longtemps que le Coeur n'est pas éveillé. La tête, le mental rationnel, crée la peur. Elle crée le soupçon, le doute, la méfiance, le besoin de prouver. Tout le domaine de l'au-delà étant sans preuves réelles, ouvert aux choses menaçantes, aux doutes, aux soupçons, c'est pourquoi on en a peur. C'est l'inconnu, le vide, l'infini.
Le Coeur, lui, c'est l'espace en nous où se trouvent la confiance de base, la confiance dans la vie, la tolérance totale, et dans le fait qu'on ne peut mourir, dans la bonté qu'il y a au fond des êtres. La confiance de l'enfant qui ne meurt jamais en nous. Le mental ne voit que les apparences car il est tourné vers l'extérieur. Aussi n'a-t-il pas confiance. Il doute, critique, analyse, il cherche des preuves, alors que le Coeur voit au-delà des apparences, puisqu'il est lui-même au-delà.
La confiance, c'est voir au-delà des apparences. Le pardon, c'est également voir plus loin que les apparences. C'est le Coeur qui pardonne alors que la tête condamne, elle ne juge que sur l'extérieur et les analyses. C'est le Coeur qui voit le oui derrière le non des apparences, qui voit la bonté, la grandeur, le positif derrière tout, alors que la tête, elle, reste dans les méfiances de l'analyse, du prétendu et prétentieux esprit scientifique qui n'accepte que ce qui est prouvable. La tête vit dans le non. Le doute, c'est un instrument à double tranchant. Il y a un doute qui est destructeur et un autre qui est créateur. Le premier s'exprime de cette façon-ci: "Ce que tu dis me dérange, ça ne peut donc pas être vrai". L'autre façon de douter est positive, ça s'exprime par la phrase: "N'y aurait-il pas d'autres aspects, d'autres faits, d'autres possibilités qu'on aurait pu oublier?".
On sait que les sourciers sont incapables de détecter les courants souterrains quand il y a autour d'eux des gens qui n'y croient pas. Même chose pour certaines performances de psychokinésie (action de bouger des objets à distance). Nina Kulagina, la célèbre femme russe qui sépare le blanc du jaune d'oeuf simplement par la concentration de la pensée, et qui peut les rassembler de la même façon, affirme que le processus prend 5 minutes quand les témoins sont positifs, mais 5 heures quand ils ne le sont pas.
Jésus a connu la même impuissance, dans un village où il est allé, on dit qu'il n'a pu faire de miracles, car dit le texte, les gens ne croyaient pas. Ne pas faire confiance, douter, sont des actions négatives, des émissions d'énergie puissante composée à la fois de pensées et d'émotions. C'est comme un laser. Celui qui est positif permet à la chose, à l'action, à l'événement de se produire, alors que celui qui est négatif, l'empêche d'arriver et par le fait même, il se dit qu'il avait raison de ne pas y croire.
Bien sûr qu'il avait raison puisque ne pas croire, douter, refuser l'assentiment avant qu'un fait ne se produise, c'est l'empêcher de se manifester, c'est couper l'eau à la source et ainsi confirmer la prophétie de malheur. Le Coeur, c'est le oui qui dès le début de la vie, dès avant la naissance, avant même d'entrer dans un corps, acquiesce, consent, accepte. Le oui de l'univers, l'amen de l'enfance avant l'arrivée de la raison. C'est ce qui crée des liens entre toutes choses, comme le coeur de chair qui relie tous les organes du corps par le flot du sang, par cette liaison liquide de vie. |
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La confiance, c'est voir au-delà des apparences |
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Placide Gaboury |
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La confiance |