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Renaître de ses cendres

Le refus de vivre dans l’ambiguité

Nous ne voulons pas rester dans l'ambiguïté de ce qui en nous ne sait pas et ne peut pas savoir intellectuellement (c'est-à-dire le corps), mais qui dans cette humilité demeure présent au drame en son entier. Le corps comprend. Le corps "sait". Il reste là, ouvert, attentif et présent. Mais la tête détourne le regard. Devant la famine, la maladie, la drogue, la prostitution, on veut à tout prix "faire quelque chose". Et que prétendons-nous faire? Ajouter de l'angoisse, de la culpabilité au fait qu'on ne résout rien. Le Bouddha avait déjà répondu: "Cessez la guerre en vous, cessez la censure qui condamne, cessez l'activité du mental qui s'oppose à tout ce qu'il n'aime pas. Il s'agit seulement de cultiver la région en nous où le coeur écoute".

 

En fait, le coeur sait, aussi n'intervient-il pas, alors que la tête ne sait pas et c'est pourquoi elle s'arme pour détruire l'ennemi, qui peut être une maladie autant qu'une armée. Lorsque le coeur s'éveille, on ne cherche plus à changer le monde. "On ne tente pas de nier ce qui est ou de se rendre responsable de ce que l'on rencontre", dit Brugh Joy. On permet au monde d'exister pleinement. On ne juge pas les expériences, on ne forme pas de théories à leur sujet, on n'essaie pas de les contrôler ni de changer leur nature en aucune façon, on les laisse libres d'être exactement ce qu'elles sont. "L'homme parfait disait Chuang-tzu, emploie son esprit comme un miroir, il ne saisit rien, ne refuse rien. Il reçoit mais ne retient pas. L'Esprit est comme le vide de l'espace. Cet espace contient toutes les bonnes et les mauvaises personnes, les bonnes et les mauvaises choses, le ciel et l'enfer, tous présents dans l'espace vie".

Vivons dans notre corps, acceptons de vivre nos tabous, habitons nos émotions, nos pulsions et tendances, cessons de nous croire supérieur à la vie. Vivons la vie ordinaire mais en pleine conscience. Mais si je me débats contre l'émotion, je l'affirme, je la fais être encore plus, je suis triste, et il n'y a rien à ajouter à cette tristesse. Ici, et maintenant, je suis triste. De cette façon seulement, vous pouvez avoir une connaissance réelle des émotions, et seule cette connaissance conduit à la liberté. J'ai voulu le danger, je l'ai vécu consciemment,
j'ai voulu l'amour, je l'ai vécu consciemment, j'ai voulu le succès, je l'ai vécu consciemment. Chacun de vous peut voir ce qu'il porte en lui, qui doit être accompli. Donc, je le connais, donc, j'en suis libre. Ce dont je ne suis pas libre, c'est ce qu'il me reste à connaître.

Faire la guerre aux "maux de ce monde" non seulement crée "l'ennemi", mais c'est en réalité une projection des aspects les plus sombres de la société sur l'extérieur. "
Des démonstrations anti-guerre et des manifs de paix pour sauver la planète ou pour créer un monde sécuritaire pour nos enfants ne seront d'aucun secours. Elles font partie du problème et n'offrent pas de solutions de maturité. C'est la même approche que pour ceux qui éprouvent la nécessité de convertir tout le monde à une religion particulière et de débarrasser le monde de satan. Les deux attitudes sont inconsciemment fondés sur des attitudes de contrôle et des sentiments de faiblesse et d'impuissance. Vous ne pouvez dés-inventer aussi bien l'arme ultime que les côtés ténébreux de l'être, ils doivent être intégrés dans un soi total". (Joy)

Placide Gaboury

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