Zone de Texte: «FAQ» sur la Vie

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Zone de Texte: Les questions qu’on se pose sur la vie
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Bonheur ?

6- C’est quoi le bonheur ?

Le bonheur, c’est de n’avoir aucun but et de vivre sa vie comme si elle ne venait pas de nous. C’est beaucoup demandé ?. Mais ce n’est pas difficile de faire ça, juste un repas, un moment de silence, un moment de musique, une baignade, une marche dans la fôret, humer les fleurs, sentir les choses, rester dans son corps au lieu de toujours être dans sa tête en train de planifier le monde ou essayer de l’améliorer, ce qui est complètement impossible. On ne peut pas changer les choses mais on peut changer notre relation avec les choses, son regard, sa réaction. On peut arriver à juste être bien avec ce qui se passe maintenant. Le corps est toujours dans le présent, c’est la tête qui passe son temps à divaguer, mais le corps nous ramène toujours au présent. Il est toujours au présent et dans la réalité. Il ne ment jamais.

 

Le poète français Apolinaire qui disait : ‘’Le mental ment monumentalement’’, et c’est vrai, alors que le corps ne ment jamais, il dit toujours la vérité, mais très peu de gens l’écoutent vraiment, écoutent le moment présent, là où ça se passe. Vous êtes en train de faire la vaisselle, de marcher, de faire votre toilette, d’être assis sur le trône comme on dit, tous ces moments où le corps joue son rôle beaucoup plus que la tête. Le bonheur du corps est un bonheur de bien-être, il évoque justement le bonheur de l’âme. Si on était capable de faire juste ce que le corps fait, c’est-à-dire juste vivre sans se poser de questions, juste vivre l’instant et rien d’autre. L’âme peut faire ça, mais elle est empêchée par toutes sortes d’inquiétudes, de peurs, de planifications et de contrôles. L’âme, c’est ce qui aspire tout en nous, mais on ne l’écoute pas, parce qu’on n’écoute pas le corps. Le corps et l’âme ne sont pas deux choses. Le corps est présent mais c’est l’âme qui parle, c’est elle qui se manifeste par le corps, et si l’on est capable d’entendre le corps et tous les corps, ceux des animaux, des plantes, on est beaucoup plus en contact avec son être profond, avec sa source. Le bonheur ne vient pas des choses de l’extérieur, il vient de cette source qui se manifeste en nous, qui agit constamment et qu’on n’écoute jamais parce qu’on pense que ça n’a aucune valeur, que ça n’existe pas. On croit faussement que les choses qui existent sont les choses que l’on voit, les choses que l’on peut toucher.

 

Le bonheur, c’est vraiment de n’avoir aucun but et de vivre sa vie comme si elle ne venait pas de nous. Il est déjà là, il n’est pas quelque chose que l’on obtient mais quelque chose que l’on fuit. À mesure qu’on se fuit soi-même, on fuit aussi le bonheur, à mesure qu’on revient vers soi, on retrouve le bonheur. C’est très simple le bonheur, c’est tout simplement d’être soi-même, être bien avec soi jour et nuit, avec son corps, parce que si vous n’aimez pas être dans votre corps vous allez avoir beaucoup de problèmes car ça va durer longtemps. Vous pouvez coucher avec toutes les personnes que vous voulez, ce qui est quelquefois souhaitable, mais il y a un corps avec qui vous allez toujours dormir, c’est le vôtre. Il serait mieux qui vous soyez bien avec, parce les nuits vont être longues.

 

On ne sait pas ce que c’est que le bonheur, mais quand on est en accord avec soi, on comprend que ça n’a pas d’histoire le bonheur. C’est vraiment simple : c’est d’être bien avec soi pendant qu’on fait ce que l’on a à faire.

 

7- Qu’est-ce qu’il nous faut accepter pour être heureux ?

J’ai déjà dit qu’il faut accepter la vie telle qu’elle est, c’est accepter les deux côtés de la vie, au lieu de toujours chercher à fausser la vie en accentuant juste un côté, c’est-à-dire juste le plaisir ou le succès, le gain, ce que j’aime, et refuser le contraire, c’est-à-dire le désagréable, le déplaisir, la perte, les choses que je n’aime pas, les choses auxquelles on dit non. Il faut arriver à dire oui à chacune des choses que ce soit agréable ou désagréable, mais cela n’est pas habituellement possible dans la première partie de notre vie. On apprend seulement à voir qu’il y a des choses qui nous écoeure, que l’on déteste, que l’on refuse et que l’on rejette. On apprend à les connaître mais on apprend pas encore à être libre de cela, à les accepter. On est en réaction contre, on est incapable de dire oui aux deux côtés de la médaille, c’est-à-dire l’agréable et le désagréable, parce que le désagréable, c’est ce qui va contre notre scénario. Alors, à force d’accepter cet autre côté de la vie qui habituellement vient difficilement dans la première phase, parce qu’on ne veut pas regarder ce qui est déplaisant et qui est contre notre volonté, on ne veut pas accepter la vie telle qu’elle est. Et c’est peut-être à cause de cela qu’on est malheureux avec soi, parce que c’est dans son corps même qu’il y a des choses désagréables. Il y a les deux en nous et le corps ne fait pas de distinction; quand il a mal, c’est aussi vrai que quand il est bien. Quand il a mal, c’est qu’il y a un organe qui ne fonctionne pas. Il ne s’agit pas de refuser les choses négatives ou désagréables. C’est peut-être ça que donne la deuxième phase de la vie peut importe que ce soit à 20 ou 50 ans, c’est la phase où l’on commence à se regarder au lieu de se laisser emporter dans toutes sortes de choses extérieures, qu’on commence à s’apercevoir qu’on ne se connaît pas, qu’on ne connaît pas ses angoisses, qu’on ne connaît pas ce qu’on fuit. Ce sont les événements justement qui en nous contrariant, nous amène à voir cela. Il y a des enfants qui comprennent ça très tôt, parce qu’il y a une sagesse qui est déjà là et qui vient probablement d’une autre vie. Et même une personne qui vit une vie ordinaire et qui n’a pas de grandes aspirations et une grande vision peut comprendre que c’est elle-même qui refuse le scénario de la vie. Ce n’est pas la vie qui est contre moi, c’est moi qui suis contre, parce que je veux ce que la vie ne veut pas nécessairement.

 

8- Y’a-t’il des choses dans la vie que l’on peut changer ?

Il y a une phrase d’un maître spirituel de l’Inde qui n’est plus beaucoup citée aujourd’hui, mais qui était très populaire à une certaine époque : ‘’Tout ce qui doit arriver arrive, que vous aimiez cela ou pas, tout ce qui ne doit pas arriver, n’arrivera pas, que vous ne soyez pas d’accord ou non’’. C’est très radical, c’est-à-dire qu’on ne peut rien changer de ce qui est en train de se faire, c’est le scénario de la vie. Et mon scénario à moi, c’est ce qui s’oppose à cela : ‘’Ça ne se passera pas comme ça, vous allez voir que je vais changer le monde’’. Mais ce n’est jamais le cas : ni les premier ministres, ni les plus grands scientifiques, ni Elvis, ni aucun saints, n’ont jamais rien changé à l’univers, parce que ce n’est pas à nous de faire cela. LE MONDE N’EST PAS À NOUS. Ce n’est pas notre objet, on est dedans tout simplement. Ce n’est pas à nous de contrôler cela, on a qu’a épouser la vague, comme on fait dans le surfing, car la vague est trop puissante pour que nous puissions la contrôler, il faut simplement la chevaucher. Le secret est donc de se laisser aller sur la vague tout en étant présent. C’est de danser avec la vie, car lorsqu’on danse, nos pas suivent la musique et on ne sait jamais d’avance dans quelle direction on va aller. On ne contrôle pas la danse, on danse avec la musique.

 

9- Le bonheur s’obtient-il par effort ?

Prendre conscience qu’on ne peut pas contrôler la vie, c’est quelque chose qui se fait par maturité, comme le fruit qui tombe quand il est mûr. Il n’y a pas d’effort à faire pour se sanctifier, s’éveiller ou devenir meilleur, c’est une éclosion qui se fait d’elle-même, comme le bonheur. C’est quelque chose qui ne vient pas et ne s’obtient pas par l’effort, mais qui se perd immédiatement dès qu’on cherche à l’obtenir, à le garder et à le conserver. Le bonheur, ce n’est pas à nous et ce n’est pas nous qui le contrôlons. J’ai découvert que lorsque j’ai été malade, ce n’était pas moi qui faisait battre mon cœur. C’est une découverte très simple, mais comme c’est évident et en même temps, c’est extraordinaire comme vérité. Si ce n’est pas moi qui le fait battre, cela signifie que je n’ai aucun contrôle sur ma vie, ma vie n’est pas à moi car je ne sais même pas comment faire ça, ni même comment faire respirer mes poumons. Tout cela se fait même pendant la nuit, le cœur bat, les poumons respirent, l’estomac digère et le cerveau continue à être nourrit pendant que je dors, sans que je puisse contrôler quoi que ce soit. Il en est de même pour le bonheur. Ce n’est pas une affaire de contrôle, c’est quelque chose qui se fait spontanément sans que je puisse intervenir d’aucune façon. Tout cela se fait en moi, sans moi. Le bonheur se fait en nous, sans nous. Quand on joue avec nos enfants, on ne se pose pas la question : ‘’Est-on heureux présentement ? ’’. Le bonheur comme la vie ne s’explique pas : comment on fait pour être en vie ?. Personne ne peut expliquer cela. Comment on fait pour être intelligent ?. Comment on fait pour avoir du talent ? Personne ne peut expliquer cela. L’essentiel se fait spontanément. On peut voir cela dès la première phase de la vie ou dans un moment charnière, quand quelque chose se casse en nous, quand on est sur le bord des larmes, dérangé par un événement qui nous remplit de tristesse, une perte d’argent, une perte d’emploi, des moments charnière de la vie où le sens de notre vie commence à nous interroger.

 

10- Est-ce que c’est le divin qui détermine notre bonheur ?

D’abord, l’idée qu’on se fait de Dieu influence notre concept du bonheur. Si on pense que Dieu est en dehors de nous, on pense aussi aller chercher ailleurs le bonheur. Mais une fois qu’on a compris qu’il n’y a personne en haut, que Dieu n’est pas une personne, que c’est en nous et uniquement en nous, tout change. Il n’y a donc personne qui va me juger, personne à l’extérieur qui me surveille, qui m’attend à la caisse à la fin. Le divin est en moi et ça se passe uniquement en moi tout le temps, comme mon cœur qui bat sans que je sache qu’est-ce qui le fait battre. On ne sait pas ce que c’est, et il ne faut surtout pas chercher à savoir, à nommer et à en faire des idoles comme Jésus ou le Boudha. Cela cultive notre infantilité qui cherche une figure parentale pour se faire prendre en charge. Quand on est enfant, on croit au Père Noel, on pense que nos parents sont parfaits, pour s’apercevoir un jour que ça se passe en nous et que les solutions à nos problèmes sont en nous. Le divin est en moi et il n’y a personne à l’extérieur qui me prend en charge, mais cette idée a été tellement forte parce que ça fait plaisir aux religions d’affirmer qu’ils prennent la place de celui qui vous prend en charge, c’est-à-dire la place de Dieu : ‘’on fait de vous ce que l’on veut, et vous n’avez qu’à nous écouter parce que nous, nous possédons la vérité et vous, vous ne savez pas lire’’. Aujourd’hui, les gens savent lire, mais savoir lire ne veut pas dire qu’on peut lire en soi, on est pas plus avancé sur ce plan que l’on était au moyen-âge. Ce n’est pas les livres qui vont changer notre vie, il faut plutôt apprendre à se regarder, à transformer notre regard que l’on porte sur soi et sur les choses ordinaires. Tout cela se fait en nous si on consent à se regarder bien sûr. Ce n’est pas une question de volonté, il s’agit plutôt d’être présent et de laisser agir la vie en nous.

 

Aujourd’hui, on parle de moins en moins du divin et de plus en plus de sectes et de religions un peu folles qui promettent n’importe quoi. Il y en a plus de 600 au Québec et ça augmente de plus en plus. Même à la télévision, on fait des acteurs, des idoles et des déesses, et on écoute ce qu’ils disent comme une vérité absolue. C’est ça chercher le bonheur ailleurs. Il faudrait plutôt arriver à penser par soi-même, apprendre à se guider soi-même sans avoir à toujours se référer à quelqu’un d’autre. Le changement en soi-même se fait par le quotidien ordinaire et non par quelque chose de merveilleux, comme une fin de semaine encadrée dans un ashram lumineux ou un monastère. Le bonheur ne court pas les rues, parce que ce n’est pas quelque chose que l’on voit, c’est soi-même quand on est accordé, quand on est bien avec soi.

Placide Gaboury répond à vos questions